La France va fermer 14 réacteurs nucléaires d'ici 2035

©Photo News

Le président Macron a présenté les grands arbitrages de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). L'exécutif français veut fermer 14 des 58 réacteurs nucléaires d'ici 2035.

Emmanuel Macron a choisi la voie du compromis en annonçant mardi ses grandes orientations de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), une feuille de route pour les dix prochaines années. 

→ Le nucléaire

Le président confirme que la part du nucléaire va être ramenée à 50% de la production d'électricité à l'horizon 2035. L'objectif initial dans la loi de transition énergétique était 2025 mais avait déjà été abandonné par le gouvernement, car jugé impossible à atteindre.

Concrètement, cela va se traduire par la fermeture de 14 des 58 réacteurs nucléaires français d'ici 2035, dont 4 à 6 d'ici 2030 en plus des deux de la centrale de Fessenheim qui fermeront "à l'été 2020", a annoncé le président français. C'est moins que ce qu'espéraient les écologistes.

Durant la durée de la PPE, l'exécutif français prévoit deux fermetures supplémentaires de réacteurs et deux autres sous conditions.

83,7%
Du capital d'EDF
L'Etat français ouvrira une réflexion sur le renforcement de sa participation au capital de l'entreprise en lien avec les enjeux et risques particuliers de l'activité nucléaire. L'Etat détient à l'heure actuelle 83,7% du capital d'EDF.

La France ne va toutefois pas décider dans l'immédiat de la construction de réacteurs nucléaires de nouvelle génération EPR supplémentaires. Aucune décision ne sera prise avant au moins 2021, a ajouté Emmanuel Macron. "Je demande à EDF de travailler à l'élaboration d'un programme de 'nouveau nucléaire' en prenant des engagements fermes sur le prix, pour qu'ils soient plus compétitifs. Tout doit être prêt en 2021 pour que le choix qui sera proposé aux Français puisse être un choix transparent et éclairé", a-t-il dit. Emmanuel Macron souhaite aussi que la direction d'EDF réfléchisse aux évolutions du groupe énergétique, qui devront préserver son intégrité. Le Président n'écarte pas l'hypothèse d'un renforcement de la participation de l'Etat au sein de l'énergéticien français.

→ Le renouvelable

Le président français indique aussi que le soutien aux énergies renouvelables atteindra entre 7 et 8 milliards d'euros. Il évoque un triplement de l'éolien terrestre et une multiplication par cinq du photovoltaïque d'ici 2030. "Nous concentrons nos efforts sur le développement des énergies renouvelables les plus compétitives, et parce que nous veillons au pouvoir d'achat des Français, nous serons exigeants avec les professionnels sur la baisse des coûts."

Un premier parc éolien en mer sera mis en service au large de Saint-Nazaire durant le quinquennat "et nous lancerons quatre nouveaux appels d'offres". 

Les dépenses représenteront un total de 71 milliards d'euros de soutien aux énergies vertes (électriques, biogaz, chaleur renouvelable) sur 2019-2028, selon l'Elysée. "La montée en puissance des énergies renouvelables en France est inéluctable", a conclu Emmanuel Macron, qui n'entend pas pour autant "renoncer au nucléaire".

Macron dit "entendre les protestations d'alarme sociale" 

Emmanuel Macron a également annoncé "une grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale" qui doit permettre "dans les trois mois qui viennent" de répondre à la colère des gilets jaunes en élaborant des "solutions", des "méthodes d'accompagnement". 

"Nous devons entendre les protestations d'alarme sociale" mais "sans renoncer à nos responsabilités" car "il y a aussi une alarme environnementale", a estimé le président Macron, pour qui la fiscalité des carburants doit être adaptée aux fluctuations des prix afin d'en limiter l'impact pour les Français qui utilisent beaucoup leur voiture.  

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n