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La Grèce "abandonnée" au plus mauvais moment

Reuters ©REUTERS

En redéfinissant la solidarité entre les États-membres, l’Union s’apprête à abandonner la Grèce au plus mauvais moment, déplore le cabinet Roland Berger.

 

Après avoir sauvé la Grèce des serres des marchés, l’Europe s’apprête à la laisser tomber au plus mauvais moment. C’est du moins le message qui transparaît d’un rapport commandé par Athènes à Roland Berger sur les conséquences du nouveau cadre financier pluriannuel que les chefs d’État et de gouvernement sont entrain de négocier à Bruxelles.

Le cadre financier trace notamment les grandes lignes de solidarité entre États-membres: une partie du budget européen est consacrée aux aides dont bénéficient les régions les moins bien loties d’Europe. Or le cadre 2014-2020 devrait être beaucoup moins généreux envers la Grèce. Notamment, indique Roland Berger, parce que les experts de la Commission ont surévalué la santé économique de la Grèce. Pour déterminer le degré de développement - et donc l’aide future - des régions grecques, la Commission européenne a utilisé le produit intérieur brut de ces régions sur la période de référence 2007-2009. Ce qui revient à fermer les yeux sur le déclin brutal de PIB observé en Grèce ces dernières années, relève Roland Berger. De fait: le PIB grec a décliné de 10% entre cette période et 2010-2012.

Un tiers de moins

Conséquence, donc: la Grèce devrait voir ses aides structurelles fondre comme neige au soleil. Le pays a bénéficié de 20,4 milliards d’euros sur la période 2007-2013 au travers des différends fonds de cohésion (Fonds européen de développement régional, fonds social européen et fonds de cohésion).

"Pour la prochaine période (2014-2020), le Président du Conseil propose d’accorder à la Grèce un budget de 14 milliards d’euros - une réduction de 6,4 milliards (31%) par rapport à la période précédente", indique Roland Berger. Selon les calculs du cabinet, cette réduction de l’aide entraînera "46.000 à 64.000 emplois de moins créés d’ici 2020". Et alors même que la Grèce doit réduire son endettement à 124% du PIB pour 2020, l’amputation des aides devrait aggraver l’endettement de 1,2 à 1,6 point de pourcentage.

Selon Roland Berger, "une enveloppe de cohésion inchangée (pour la Grèce) réduirait le risque de défaut de la Grèce" et augmenterait les chances de succès du programme d’ajustement structurel. A contrario, si les aides structurelles ne sont pas à la hauteur, la Grèce aura rapidement besoin de nouvelles aides d’urgence, prévient le cabinet de conseil.

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