La Grèce paralysée pour 48h

Quelque 20.000 manifestants ont battu le pavé de la capitale grecque dès mercredi matin selon la police, au premier jour d'une grève générale de 48 heures lancée pour protester contre un nouveau train de mesures d'austérité imposées à la Grèce par ses créanciers.

Le parlement grec était encerclé de plusieurs dizaines de cars de police mercredi en fin de matinée à Athènes, où plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler au premier jour d'une grève générale de 48 heures à l'appel des syndicats opposés à un nouveau train d'austérité.

Les transports, les écoles, les musées et l'ensemble du secteur public grec étaient paralysés mercredi et, chose plus rare en Grèce, de nombreux magasins, banques ou kiosques sont restés porte close également, répondant à l'appel à la grève et à manifester des deux grands syndicats de la fonction publique et du secteur privé, Adedy et GSEE, qui doivent défiler dans l'après-midi.

En fin de matinée, la police recensait déjà 20.000 personnes dans plusieurs cortèges, dont le plus important était celui du syndicat communiste Pame réclamant l'annulation du "memorandum", l'accord signé en mai 2010 qui subordonne le maintien de la perfusion financière de l'Union européenne et du Fonds Monétaire International aux efforts d'austérité et d'assainissement du pays.

Dans le cortège, la bannière des grévistes du bâtiment demandait que "le gouvernement tombe maintenant" tandis qu'une autre, sur un bâtiment du ministère de la Santé, portait la mention "prenez le memorandum et barrez vous".

Cette cinquième grève générale depuis le début de l'année -la deuxième de 48 heures depuis la fin juin- intervient alors que le pays est déjà perturbé par une multitude d'arrêts catégoriels de travail, comme celui des éboueurs, qui laisse les rues d'Athènes jonchées de tonnes de déchets depuis plus de 10 jours.

Rares sont les catégories professionnelles qui n'ont pas appelé à cesser le travail, depuis les fonctionnaires, les agents du fisc, les médecins et les professeurs jusqu'aux marins, chauffeurs de taxi, "traders" et gérants des stations d'essence. Même les boulangers devaient se joindre au mouvement.

Cette démonstration de force vise à faire reculer le gouvernement, qui a décidé de nouvelles mesures d'austérité pour satisfaire les exigences des créanciers du pays, lesquels en font une condition au versement d'une nouvelle tranche de l'aide internationale indispensable pour éviter à la Grèce une faillite pure et simple.
L'Union européenne pourrait s'accorder dimanche sur une nouvelle réduction de la dette grecque, plus importante que celle qui avait été décidée le 21 juillet en accord avec les banques, dans l'espoir d'enrayer la crise de la dette dans la zone euro qui menace de s'étendre à l'Italie et l'Espagne.

Outre la mise en chômage technique de 30.000 salariés du secteur public d'ici fin 2011 et une grille unique des salaires pour les fonctionnaires, le projet de loi devant être voté jeudi au Parlement prévoit notamment un gel des conventions collectives, ouvrant la voie à des baisses de salaire dans les entreprises du secteur privé.

"Cela veut dire que nos employeurs pourront nous imposer n'importe quel salaire, sans que nous puissions rien lui opposer. C'est une grave remise en question des droits des salariés", estime Irène, une architecte d'une trentaine d'année.
"C'est la première manifestation à laquelle je participe depuis mai 2010" raconte pour sa part Nikos Stefanatos, 46 ans, ingénieur dans un organisme public. "A cette époque-là, je gagnais 2.800 euros par mois, maintenant j'en gagne 1.500. Cette politique insensée est désastreuse pour la Grèce. Les mesures (d'économie budgétaire, NDR) tuent les éléments les plus dynamiques du secteur public grec".

Hormis le nombre de gens dans les rues, les médias scrutent également l'attitude et la stratégie de la police pour jauger le climat de cette épreuve de force après les violences policières, notamment à l'égard des journalistes, qui ont marqué la dernière grève, le 5 octobre. Depuis, plusieurs hauts responsables de la police ont été remplacés.

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