La Grèce suspendue aux lèvres de l'Europe

Après avoir subi l'épreuve de la rue, la Grèce attend maintenant les résultats des deux sommets européens qui se tiennent dimanche et mercredi prochain.

Jeudi, le gouvernement de Georges Papandréou a voté une impopulaire loi d'austérité, vote qui s'est soldé par des manifestations de masse et la mort d'un syndicaliste. À présent, le pays a les yeux rivés sur les dirigeants européens.

Le Premier ministre socialiste grec avait fait de l'adoption des nouvelles mesures de rigueur, dictées par les créanciers internationaux du pays, UE et FMI, la condition indispensable pour la poursuite du soutien des créanciers du pays.

Il a salué jeudi soir le vote positif de 153 députés socialistes après une semaine de tractations au sein de son parti, le Pasok, et une forte mobilisation de la rue.

La 6ème tranche du prêt

Le versement en novembre par l'Union européenne de la sixième tranche du prêt international de 110 milliards accordé en mai 2010 à la Grèce est cependant la seule certitude que peut escompter dans l'immédiat Athènes du sommet européen de ce week-end ou de celui de la zone euro prévu quelques jours plus tard.

Selon un document préparatoire européen obtenu par l'AFP à Bruxelles, les ministres européens devraient en effet donner leur accord de principe pour le versement en novembre de ces 8 milliards d'euros.

Mais outre que le soutien du FMI est moins sûr sur cette même tranche, les divergences restent fortes entre Européens pour la suite du programme de soutien à la Grèce -la renégociation de l'accord du 21 juillet-, les créanciers du pays travaillant sur une hypothèse de décote de 50% sur l'énorme dette du pays, jugée insoutenable pour les Grecs.

"Tous les regards sont maintenant fixés sur les décisions du sommet européen. Le gouvernement joue sa dernière carte car sa survie dépend d'un résultat positif pour le pays après deux années de rigueur", affirme à l'AFP Thomas Gérakis, directeur de l'Institut grec de sondage Marc.

"La décote, aussi importante soit-elle, et si on veut que ce ne soit pas la catastrophe, doit assurer la stabilité du système bancaire grec, de même que la viabilité du système de retraite", prévient pour sa part l'analyste politique George Sefartzis.

La majorité affaiblie

Sur le plan intérieur, la majorité socialiste du Pasok, qui a voté seule la loi controversée, se retrouve un peu plus affaiblie, après la radiation -immédiate jeudi soir- de la députée et ancienne ministre du Travail, Louka Katséli, qui voté contre un article de la loi sur le gel des conventions collectives.

"Cette mesure va entraîner une chute générale, soudaine et incontrôlée des salaires", a dénoncé Mme Katséli, pilier du Pasok historique.

Plusieurs députés socialistes, confrontés ces derniers mois à la réprobation de leur électorat, ont qualifié de "douloureuses" et "lourdes" les nouvelles mesures allant coupes salariales, réduction du nombre de fonctionnaires et augmentation de l'imposition.

Comme la députée Vasso Papandréou, ils étaient plusieurs à souligner qu'ils avaient "atteint leur limite", affirmant que c'était "la dernière fois" qu'ils votaient pour la rigueur.

La série de lois d'austérité adoptées depuis l'arrivée des socialistes au gouvernement il y a deux ans, lui ont coûté jusqu'ici la radiation de sept députés socialistes.

"Les chances de survie du gouvernement se réduisent dramatiquement", souligne M. Gérakis évoquant le fait que "la tolérance" même des députés socialistes s'épuise.

"S'il n'avait pas immédiatement radié Mme Katséli du parti, qui est une de ses amies personnelles, le Premier ministre aurait risqué de faire face à une hémorragie de 50 députés", estime le politologue Ilias Nikolapopoulos.

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