La Grèce table sur plus d'investissements chinois

La venue ce week-end du Premier ministre chinois, Wen Jiabao, est donc très attendue. Le ministre grec chargé des investissements à même déclaré: "la Grèce représente une occasion pour la Chine".

En demande de fonds étrangers pour sortir de la récession, la Grèce veut déblayer la voie aux investissements chinois et s'imposer comme porte d'entrée de Pékin dans les Balkans lors de la visite ce week-end du Premier ministre Wen Jiabao.

La venue de M. Wen, qui entamera samedi à Athènes une tournée européenne, marquera la première visite d'un Premier ministre chinois en Grèce depuis 24 ans.

"Maintenant que la confiance règne, nous attendons une présence chinoise plus importante et plus étendue", a relevé dans un entretien le ministre grec chargé des Investissements, Haris Pamboukis, citant les domaines du tourisme et de l'énergie.

Outre son intérêt "géo-politico-économique", la Grèce représente "une occasion" pour la Chine, "car elle est sous-valorisée du fait de la crise systémique qu'elle traverse" a-t-il souligné. "Or quand il y a crise et risque, il y a une marge de profit très importante", a-t-il ajouté.

L'ancrage chinois en Grèce remonte à la prise de contrôle par le géant des transports Cosco de plus de la moitié du trafic commercial du port du Pirée, près d'Athènes, via la concession accordée en 2008 pour 35 ans et 3,4 milliards d'euros d'une base de conteneurs, dont la capacité doit être étendue d'ici 2015 à 3,7 millions de conteneurs.

Cosco, dont le président Wei Jiafu accompagne M. Wen à Athènes, a depuis affirmé vouloir faire du Pirée sa tête de pont dans la région, en saisissant l'opportunité des privatisations annoncées par Athènes.

Le groupe chinois a signé sept des 13 contrats conclus lors de la dernière visite d'une délégation chinoise, en juin, portant pour l'essentiel sur des commandes de bateaux, la Chine étant devenue troisième fournisseur de la Grèce, avec 3 milliards d'exportations en 2009.

La liste de courses de Cosco inclut aussi une base de stockage de marchandises sur le site de Thriassio, à l'ouest d'Athènes, qui doit être mise en vente fin novembre par les Chemins de fer grecs, des installations du port de Salonique, dans le nord-est, et un projet d'aéroport à Kastelli, en Crète.

Le groupe chinois envisage aussi de développer une unité de maintenance sur les chantiers navals de Pérama (banlieue du Pirée).

Selon M. Pamboukis, la visite de M. Wen doit faire avancer les discussions, mais sans nécessairement de finalisation prévue sur ces grands projets.

"Cosco est le pilote, pour que d'autres groupes suivent il faut que les choses avancent avec lui", estime le président de la Chambre de commerce gréco-chinoise, Constantin Yannidis, qui espère le règlement d'"une série de questions d'ordre juridique et bureaucratique" freinant selon lui l'entrisme chinois.

Selon M. Yannidis, Cosco réclame notamment le remboursement, gelé depuis ce printemps pour cause de crise budgétaire, de 21 millions d'euros d'avances de TVA, et s'impatiente de retards de procédures pour la base du Thriassio.

Une source diplomatique chinoise a toutefois dénié tout "mécontentement" de Pékin, relevant que "le gouvernement grec a la volonté de régler les dossiers en cours".

De fait, M. Pamboukis met la dernière touche à un projet de loi visant à accélérer et faciliter les investissements stratégiques. Mais dans le respect des "besoins productifs du pays, et de ses contraintes législatives et sociales", insiste-t-il, alors que les syndicats des dockers qui ont mené plusieurs mois de grève restent mobilisés contre l'arrivée de Cosco.

"La volonté de travailler ensemble est ferme, la visite de M. Wen relève de la gestion de cette coopération", estime pour sa part Angelos Tsakanikas, de la Fondation de recherches économiques Iobe, pour qui une tête de pont chinoise en Grèce offre aussi à Pékin un accès aux ressources naturelles des Balkans.

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