La guerre est déclarée contre le trafic de migrants

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L'Union européenne a signé un accord pour organiser une opération navale contre le trafic de migrants en Méditerranée. L'offensive sera lancée lundi. Mais sans l'autorisation de l'ONU, l'opération ne sera pas aussi efficace qu'espéré.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne lanceront lundi une mission navale en Méditerranée qui doit s'attaquer aux réseaux criminels de passeurs de migrants, et sera probablement déployée une semaine plus tard. "Toutes les conditions sont réunies pour qu'il y ait un lancement le 22 juin par les ministres des Affaires étrangères", a indiqué une source diplomatique.

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Le commandant de l'opération, l'amiral italien Enrico Credendino, "est dans une position où il peut recommander lundi matin le lancement de l'opération", a précisé une source européenne.

Le plan opérationnel de cette mission baptisée "EU Navfor Med" a été adopté, a ajouté un autre diplomate. Les contributions en navires, moyens aériens et drones sont suffisantes, et la mission pourra commencer à se déployer "une semaine après la décision", a expliqué un responsable européen.

L'ONU a le dernier mot

La mission est censée s'attaquer aux bateaux utilisés par les trafiquants envoyant des migrants en haute mer au péril de leur vie. Mais en l'absence d'un feu vert du Conseil de sécurité des Nations unies, elle sera limitée à ce stade à une surveillance des côtes et à une collecte et un partage accrus de renseignements sur les réseaux de passeurs.

→ Lire notre article Qui sont ces passeurs clandestins

"Les navires, avions et drones seront déployés dans le sud de la Méditerranée pour collecter du renseignement et préparer les phases futures."
Un responsable européen

"Les navires, avions et drones seront déployés dans le sud de la Méditerranée pour collecter du renseignement et préparer les phases futures", a expliqué le responsable européen vendredi matin. "Mais on a vocation à aller plus loin", a assuré un diplomate, tandis qu'un second a évoqué "une première phase" destinée à "préparer une montée en puissance".

D'autres sources soulignent qu'en l'absence d'un mandat clair du Conseil de sécurité, qui demande lui-même un consentement préalable des autorités libyennes, l'opération est à ce stade "coincée" et réduite à patrouiller loin des côtes, avec une efficacité limitée.

Les passeurs en Libye, à l'origine de l'essentiel de ce flux de migrants débarquant en Italie, "organisent ces départs en sachant qu'ils ne seront pas arrêtés, donc je pense qu'aussi longtemps que cette situation en Libye perdure, le flux va continuer", a déclaré jeudi Izabella Cooper, la porte-parole de Frontex, l'agence européenne qui gère l'opération Triton en Méditerranée.

Le navire de commandement de la marine belge, le Godetia, participe à l'opération Triton visant à secourir des réfugiés en Méditerranée, en coordination avec les gardes-côtes italiens depuis mi-mai. Il a déjà sauvé plusieurs centaines de migrants, dont 213 le 9 juin.

"Quelque 54.000 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes depuis le début de l'année", a rappelé Mme Cooper, soulignant que les moyens de Frontex avaient été renforcés en Méditerranée. En 2014, l'Italie avait vu débarquer 170.000 migrants, pour la plupart entre juin et septembre.

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