La Hongrie et la Pologne sous le feu des critiques européennes

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban critiqué pour ses lois allant à l'encontre de l'indépendance de la justice. ©REUTERS

L'UE s'inquiète de voir la Hongrie et la Pologne continuer à violer les valeurs européennes, en dépit des multiples avertissements et des procédures lancées contre ces deux pays.

La Commission européenne a réitéré ses inquiétudes quant aux violations répétées des valeurs européennes par la Pologne et la Hongrie, lors d'un conseil des ministres des Affaires européennes qui se tenait mardi à Luxembourg. Les deux pays étaient entendus par leurs pairs sur les procédures lancées contre eux pour violation de l'État de droit.

"Les préoccupations concernant la Pologne sont toujours bien d'actualité."
Vera Jourova
Vice-présidente de la Commission européenne

Les dernières auditions du genre avaient eu lieu il y a deux ans. "Beaucoup de choses ont changé depuis lors. Malheureusement, un certain nombre de dossiers continuent à susciter des préoccupations", a regretté la vice-présidente de la Commission, Vera Jourova.

La Pologne, dirigée par le parti de droite nationaliste PIS, était entendue pour la quatrième fois depuis la procédure lancée en 2017. L'UE reproche à Varsovie de ne pas respecter l'indépendance de la Cour constitutionnelle. "Les préoccupations concernant la Pologne sont toujours bien d'actualité", a dit Vera Jourova, avant de dénoncer également les mesures disciplinaires prises contre plusieurs juges.

L'UE s'inquiète aussi d'une motion récente du président polonais Andrzej Duda visant à remettre en cause la primauté du droit européen.

"Il n'y a pas d'effort visible de la part des autorités hongroises pour défendre les valeurs européennes."
Vera Jourova
Vice-présidente de la Commission européenne

La Hongrie, dirigée par le parti de droite radicale Fidesz, était entendue pour la troisième fois. Le gouvernement hongrois est accusé de violation de l'indépendance de juges, de la liberté de la presse et des droits des migrants. "Il n'y a pas d'effort visible de la part des autorités hongroises pour défendre les valeurs européennes", a tranché Vera Jourova.

Pour l'instant, le dialogue avec les deux pays se poursuivra, aucune sanction n'ayant été prise à leur encontre.

La procédure visée à l'article 7 du Traité pourrait aboutir à la suspension du droit de vote des pays concernés au sein du Conseil européen. Cette sanction est toutefois improbable, son adoption nécessitant une décision unanime du Conseil où les deux pays se protègent mutuellement. Une alternative consisterait à suspendre une partie des aides européennes octroyées à ces pays.

13 États condamnent la Hongrie

Lors de ce Conseil Affaires générales, 13 États européens, dont la Belgique, ont condamné une loi hongroise adoptée la semaine dernière interdisant "l'affichage et la promotion de l'homosexualité" chez les moins de 18 ans. Une loi qui, dans les faits, revient à bannir les programmes éducatifs où l'homosexualité est évoquée.

13
États européens
13 États européens, dont la Belgique, ont également condamné une loi hongroise adoptée la semaine dernière interdisant "l'affichage et la promotion de l'homosexualité" chez les moins de 18 ans

Dans une déclaration initiée par la ministre belge des Affaires étrangères Sophie Wilmès, ces États ont exprimé leur "profonde inquiétude" à propos de cette loi qui viole les droits des personnes LGBT et la liberté d'expression.

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