La justice ordonne de débarquer les migrants de l'Open Arms à Lampedusa

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La justice italienne a ordonné ce mardi soir de débarquer les migrants de l'Open Arms à Lampedusa. Le gouvernement espagnol avait annoncé un peu plus tôt qu'il envoyait un navire afin de porter secours et escorter le bateau humanitaire arrêté au large de la petite île sicilienne à laquelle le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini refusait l'accès depuis 19 jours.

La justice italienne a ordonné ce mardi le débarquement à Lampedusa des migrants recueillis par le bateau humanitaire Open Arms. Le procureur Luigi Patronaggio, après une inspection de la police judiciaire et de deux médecins, a décidé que compte tenu de la situation difficile à bord, les rescapés devaient être débarqués dans les prochaines heures sur la petite île sicilienne. La justice a également ordonné la mise sous séquestre du navire espagnol, dans le cadre d'une enquête contre X pour séquestration de personnes, omission et refus d'actes officiels, dont le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini a affirmé, sur Facebook, qu'elle le vise directement.

"Si quelqu'un pense me faire peur avec la énième plainte et demande de procès, il se trompe. Ce serait une blague d'être parvenu à convaincre l'Espagne d'envoyer un navire (pour récupérer les migrants) et maintenant d'oeuvrer à les faire débarquer en Italie et faire juger le ministre de l'Intérieur qui continue de défendre les frontières du pays", a-t-il dit sur Facebook.

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Quelques heures plus tôt, Madrid avait annoncé l'envoi d'un navire militaire vers l'île italienne pour récupérer les migrants coincés depuis presque 3 semaines à bord du bateau de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms. Ce mardi, quinze migrants, certains sans gilets de sauvetage, se sont jetés à l'eau dans un geste désespéré pour tenter de rallier à la nage l'île italienne. Selon une porte-parole de l'ONG, ils ont été "secourus" par les garde-côtes italiens et amenés sur l'île.

"La situation est hors de contrôle", avait indiqué sur Twitter plus tôt dans la journée l'ONG dont le bateau abrite un peu moins de 100 migrants alors que plusieurs dizaines de mineurs ou de malades ont déjà dû être évacués. Certains de ces migrants sont à bord de l'Open Arms depuis 19 jours, égalant ainsi le record des migrants secourus par le SeaWatch3 fin décembre avant leur débarquement à Malte le 9 janvier dernier.

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Stationnés depuis jeudi à quelques centaines de mètres des côtes de l'île italienne, ces migrants secourus par l'ONG au large de la Libye se sont vus refuser l'accès de l'île par les autorités italiennes, même si six pays européens (France, Allemagne, Luxembourg, Portugal, Roumanie et Espagne) se sont engagés à les accueillir.

Crise ouverte entre l'Espagne et l'Italie

Le sort des migrants de l'Open Arms a tourné à la passe d'armes entre Madrid et le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, accusé de vouloir tirer profit politiquement de cette affaire en pleine crise politique à Rome, où le gouvernement populiste torpillé par le patron de la Ligue (extrême droite) a chuté ce mardi.

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Conspuant une nouvelle fois Salvini, dont elle avait taxé lundi la position de "honte pour l'humanité", la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a jugé ce mardi que "les vies humaines ne lui importaient pas". "Face à l'urgence humanitaire, personne ne peut détourner le regard. Nous n'allons pas le faire, contrairement à Salvini", a-t-elle encore dit, avant que le gouvernement ne décide d'envoyer un navire militaire.

"La fermeté est l'unique façon d'éviter à l'Italie de redevenir le camp de réfugiés de l'Europe, comme le démontre encore ces heures-ci le bateau de l'ONG espagnole des faux malades et des faux mineurs", a martelé pour sa part Salvini sur Twitter.

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