La Norvège parie sur l'avion électrique

Image d'illustration ©EPA

Fidèle à sa politique de réduction de l'empreinte climatique, la Norvège est en passe de se lancer dans l'électrification de son réseau aérien.

Pays pionnier dans l'électrification de ses moyens de transport, la Norvège compte franchir une nouvelle étape avec des avions à propulsion électrique. Un projet qui traduit avant tout une volonté de limiter les émissions de CO2.

Voyager écolo

Les compagnies aériennes, constructeurs et motoristes se penchent sur la question du transport aérien de demain. Il s'agit de répondre au défi de la croissance exponentielle du nombre de voyageurs tout en promouvant des solutions plus vertes.

5%
Pourcentage d'émissions de CO2 provoquées par le trafic aérien
A l'échelle globale, le chiffre de 5% est avancé en ce qui concerne la part de responsabilité du transport aérien au réchauffement climatique.

En effet, les projections de l'Association du transport aérien international (IATA) prévoient pour 2036 un nombre de passagers plafonnant à 7,8 milliards. Soit quasiment le double de la situation actuelle. D'où la volonté de réduire à l'avenir l'impact climatique des avions.

Une urgence qui a incité l'industrie aérienne à s'engager à réduire de moitié ses émissions de CO2 d'ici 2050. Des objectifs "intenables", réfute l'association environnementale Réseau Action Climat.

En plus d'un impact positif pour l'environnement, le passage à l'électrique devrait permettre de lutter contre la pollution sonore. Avec cette innovation, il serait envisageable de proposer des vols près des villes, potentiellement 24 heures sur 24, et de mener des opérations sur des pistes courtes grâce à un moindre temps d'accélération.

Le tout-électrique en 2040?

Fruit d'un partenariat entre le motoriste Rolls-Royce , le géant allemand Siemens  et l'européen Airbus , l'E-Fan X est en train d'être mis au point. Ce démonstrateur électrique hybride devrait être utilisé dès 2020.

"L'un des plus gros défis est le stockage de l'électricité, mais la technologie des batteries est probablement celle qui attire le plus d'investissements au monde. Alors, ça va évoluer", a commenté Glenn Llewellyn, directeur d'Airbus Électrification.

Alors que la Norvège s'est déjà doté en 2015 d'un ferry électrique, l'ambition du pays est de faire en sorte qu'en 2025, toutes les nouvelles immatriculations soient garanties zéro émission de CO2. S'ajoute à cela l'électrification des vols court-courrier d'ici une vingtaines d'années.

"Les avionneurs voient qu'ils doivent s'y mettre parce qu'autrement, il y aura un nouveau Tesla qui prendra leur place"
Dag Falk-Petersen
CEO d'Avinor, opérateur des aéroports publics norvégiens

"Nombreux sont ceux qui disent qu'on doit se débarrasser du transport aérien parce qu'on n'arrivera jamais à traiter les émissions et le bruit", a déploré Ketil Solvik-Olsen, ministre norvégien des Transports. "Mais c'est une approche dépassée", a-t-il ajouté lors d'une conférence sur l'aviation à Oslo.

> lire aussi notre édito: "Sortie de route budgétaire" sur les émissions de CO2 en Europe.

"Dans mon esprit, cela ne fait aucun doute: d'ici 2040, la Norvège fonctionnera au tout-électrique", selon Dag Falk-Petersen, chef d'Avinor, l'opérateur des aéroports publics du pays.

Une solution économiquement viable

Soutenue par l'américain Boeing , la start-up Zunum Aero envisage de commercialiser à l'horizon 2022 un avion électrique hybride de 12 places. Un projet-pilote avant de viser plus haut.

"Le prix que nous visons est à peu près le même que celui des avions d'aujourd'hui mais ses coûts d'exploitation n'en seront qu'une portion congrue: ce sera littéralement 60 à 70% moins qu'un appareil équivalent volant actuellement", a assuré Matt Knapp, fondateur de la société.

"L'un des plus gros défis est le stockage de l'électricité mais la technologie des batteries est probablement celle qui attire le plus d'investissements au monde"
Glenn Llewellyn
Directeur d'Airbus Electrification

L'argument économique est également avancé par le CEO de la société norvégienne Avinor pour encourager la transition vers un réseau aérien à propulsion électrique.

Selon lui, le statu quo serait synonyme de "pénalisation d'un système aérien devenu cancre climatique sous forme de restrictions budgétaires, de taxes et de dégradation de la réputation commerciale".

Le projet du tout-électrique dans le domaine aérien n'en est qu'à ses balbutiements. "Il y a encore beaucoup de questions à régler: les conditions glaciales, les vents forts...", a estimé Stein Nilsen, patron de la compagnie aérienne norvégienne Wilderøe.

Le transporteur envisage le renouvellement de sa flotte de bimoteurs avec des appareils à propulsion électrique vers 2030."Mais si on y arrive ici en Norvège, je suis certain que cet appareil pourra faire face à n'importe quelles conditions n'importe où dans le monde".


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