La panique sur le carburant s'estompe en France

Les camions-citernes circulent à nouveau et la situation devrait quasiment revenir à la normale pour le week-end de Toussaint. Une pompe sur 4 était à sec sur le réseau routier français.

Le gouvernement français a assuré ce mardi que la situation s'améliorait graduellement dans la distribution de carburant. Il table sur un retour à la normale pour le week-end de la Toussaint.

Jugé trop optimiste par l'Union française des industries pétrolières (Ufip), l'objectif affiché de rouvrir quatre stations-service sur cinq mardi semblait toutefois localement difficile à tenir, notamment dans l'Ouest et en Ile-de-France. Successivement, les ministres de l'Ecologie et de l'Intérieur ainsi que le secrétaire d'Etat aux Transports ont rendu hommage aux chauffeurs des camions-citernes qui travaillent à alimenter les stations-service et ont appelé les automobilistes à ne pas faire de 'pleins' de précaution.

"Il y a 15 jours, nous sommes passés à côté d'une crise d'une extrême gravité, d'une asphyxie totale de l'économie française", a déclaré le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, à l'Assemblée nationale.

Avant le week-end de trois jours pour la fête de la Toussaint, "l'objectif de quatre sur cinq sera, je pense, je l'espère, tenu" mais il reste "quelques difficultés dans les zones rurales situées loin des dépôts", a-t-il expliqué devant les députés, lors de la séance de questions au gouvernement.

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui s'exprimait dans l'enceinte du centre de crise interministériel installé depuis huit jours dans son ministère pour faire le point de la situation, a annoncé que le travail avait repris dans cinq des douze raffineries françaises.

"Il y a donc des stocks qui sont importants, dont le défi est aujourd'hui l'acheminement afin d'approvisionner les stations-service", a-t-il dit. "Cela prendra du temps mais cela progresse".

Il n'a donné aucun chiffre sur les stations-service encore touchées par les pénuries de carburant.

Les dernières statistiques disponibles, qui remontent à lundi en fin de journée, faisaient état de 25% de stations-service à sec sur les 12.300 du parc français, les régions Ile-de-France et Ouest étant les plus touchées avec respectivement 56% et 39%.

Le gouvernement a pris des dispositions pour que les stations-service soient approvisionnées avant et pendant le week-end de la Toussaint.

"Les chauffeurs se reposeront dimanche, travailleront samedi et lundi et les 44 tonnes pourront rouler", a dit le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau. "La situation sera à peu près sous contrôle pour le week-end de la Toussaint", a-t-il promis. Aujourd'hui encore, en dépit des vacances scolaires pour les lycéens, jeunes et étudiants étaient appelés à se mobiliser. Entre 4 et 7 universités (sur 83) étaient perturbées, et les rassemblements prévus dans plusieurs villes ont très peu mobilisé. A Paris, le nombre des étudiants était très en-deçà des espérances, avec environ un millier de manifestants près du Sénat, contribuant au sentiment de décrue du mouvement de protestation.


Dans les transports, la mobilisation semblait aussi se tarir, tout comme dans le secteur du ramassage des ordures, où le travail a repris dans plusieurs villes. A Marseille, deuxième ville du pays, près de 10.000 tonnes d'immondices s'étaient accumulées dans les rues. "Il était temps", s'est réjouie une passante en voyant à l'oeuvre les éboueurs, qui devraient mettre quatre à cinq jours avant que la cité ne redevienne propre.


"Les derniers blocages sont derrière nous", a estimé le patron du parti de la majorité UMP (droite) Xavier Bertrand.


Mais même si "la grève s'effiloche" comme le titrait le quotidien Libération (gauche), les syndicats tentaient eux de maintenir la pression avant la promulgation de la loi, mi-novembre. "Le mouvement n'est pas fini. Il continuera, il prendra d'autres formes", a prévenu le leader de la CGT (un des deux grands syndicats français) Bernard Thibault.


Jeudi, c'est à une septième journée nationale de grèves et de manifestations depuis la rentrée que les salariés sont appelés. Avant une autre encore, le 6 novembre.

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