"La plus grande réforme climatique jamais proposée"

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a promis de faire du Pacte vert européen et du climat la priorité de son mandat. ©EPA

Avec son important "paquet climat", la Commission européenne entre dans le vif du sujet. D'intenses négociations s'annoncent autour des mesures phares.

La Commission a adopté mercredi un "paquet climat" volumineux et très attendu. L'ensemble, une douzaine de propositions législatives et plusieurs déclarations, fait plus de 4.000 pages. Ses éléments feront l'objet de négociations intenses entre les institutions de l'UE.

"Certains propositions, comme la fin des moteurs thermiques, vont entraîner des changements structurels importants pour l'économie européenne".
Thomas Pellerin-Carlin
Directeur du Centre Energie Institut Jacques Delors

"Jusqu'ici, la Commission s'était contentée de déclarations d'intention", estime Thomas Pellerin-Carlin, directeur du Centre Energie Institut Jacques Delors. "Avec cette proposition, on entre dans le dur. C'est la plus grande réforme climatique jamais proposée. Certains propositions, comme la fin des moteurs thermiques, vont entraîner des changements structurels importants pour l'économie européenne."

Des acteurs industriels vont s'y opposer. "Interdire une technologie n'est pas une solution rationnelle à ce stade", a réagi l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA). "Toutes les options, y compris les moteurs thermiques très efficaces, les hybrides et les véhicules à hydrogène doivent jouer un rôle dans la transition vers la neutralité climatique."

L'Association internationale du transport aérien (IATA) a tiré à boulets rouges sur la proposition de taxer le kérosène, jugée "contre-productive".

Le monde patronal nuancé

Le monde patronal est nuancé. La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) a salué le "paquet climat" tout en avertissant qu'il devra aboutir "à une politique cohérente, réaliste et payable afin de ne pas compromettre l'avenir de l'industrie européenne".

"La Commission doit prouver que son plan mène à une transition acceptable et solidaire."
Frans Timmermans
Vice-président de la Commission

Il y a un risque, aussi, de voir une contestation sociale semblable à celle des gilets jaunes éclater autour de certaines propositions. Toutefois, ici, "la politique proposée est mille fois plus intelligente que celle de Macron, entre autres parce que la Commission prévoit un fonds social dès 2025, avant la mise en œuvre des premières mesures", dit Thomas Pellerin-Carlin.

Le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, est prêt "à l'affrontement politique". "La Commission doit prouver que son plan mène à une transition acceptable et solidaire. Si nous cherchons à convaincre, la résistance sera moindre", a-t-il dit.

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