"La priorité absolue est d'accélérer la production et la livraison des vaccins"

Les présidents du Conseil européen, Charles Michel et de la Commission, Ursula von der Leyen lors du sommet par vidéoconférence. ©REUTERS

Les dirigeants européens ont convenu jeudi d'accélérer la campagne de vaccination contre le Covid-19 et de maintenir les restrictions aux frontières. Un certificat de vaccination numérique pourrait être créé avant la fin de l'été.

Les dirigeants de l'Union européenne (UE) étaient réunis jeudi par vidéoconférence afin de mieux coordonner la lutte contre la pandémie de coronavirus, alors que l'Europe est confrontée à des variants du virus extrêmement agressifs. Au cœur des discussions, l'accélération de la production et la livraison de vaccins contre le Covid-19.

Malgré la constitution d'un portefeuille de 2,3 milliards de doses auprès de six laboratoires, à peine 4,1% de la population européenne a reçu une dose de vaccin depuis le lancement de la campagne vaccinale fin 2020. Aux États-Unis, 15% des gens ont reçu une dose. En Israël, près de 50% de la population est vaccinée.

"Nous voulons plus de prévisibilité et de transparence afin d'assurer que les entreprises pharmaceutiques respectent leurs engagements."
Charles Michel
Président du Conseil européen

Accélérer les vaccinations

"La priorité absolue aujourd'hui est d'accélérer la production et la livraison des vaccins et les campagnes de vaccination partout dans l'UE", a déclaré le président du Conseil européen Charles Michel. "Nous voulons plus de prévisibilité et de transparence afin d'assurer que les entreprises pharmaceutiques respectent leurs engagements."

La Commission européenne a promis une accélération des vaccinations, avec des livraisons accrues de Pfizer/BioNTech et Moderna, ainsi que l'approbation du vaccin de Johnson & Johnson. Mais des doutes pèsent sur la capacité d'AstraZeneca de livrer les 180 millions de doses promises au deuxième trimestre. La firme s'est engagée à tout faire pour y parvenir, mais il devra externaliser hors de l'UE la production de la moitié des vaccins.

"Il y a une fatigue croissante parmi nos citoyens. Mais nous ne devons pas baisser la garde", a plaidé la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, affirmant que le variant britannique du virus est déjà présent dans 26 des 27 États de l'UE.

Les dirigeants européens ont appelé à conclure un traité international sur les pandémies au niveau de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Maintien des restrictions aux déplacements

"Les déplacements non-essentiels seront toujours restreints, mais les mesures doivent être proportionnées, le flux de marchandises doit pouvoir continuer en utilisant les voies réservées", a indiqué Charles Michel.

"Cette mesure a fait baisser de 80% la propagation de variants dans notre pays."
Alexander De Croo
Premier ministre belge

Ces derniers jours, une dizaine de pays ont été rappelés à l'ordre par la Commission pour avoir adopté un régime plus strict. Le gouvernement belge a interdit les voyages non essentiels, une disposition jugée excessive que la Commission veut voir lever pour la fin mars. Le Premier ministre belge Alexander De Croo a défendu cette mesure, tout en admettant qu'elle devrait être limitée dans le temps. "Le raisonnement que je tiens est partagé par beaucoup de pays", a-t-il expliqué, "cette mesure a fait baisser de 80% la propagation de variants dans notre pays."

Un certificat de vaccination avant l'été

"Nous avons besoin d'au moins trois mois pour assurer l'interopérabilité technique d'un tel instrument."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

La question du certificat de vaccination était aussi à l'ordre du jour. La Grèce, la Bulgarie, l'Espagne, le Danemark, l'Autriche et Chypre insistent pour créer un passeport vaccinal pour faciliter les voyages afin de soutenir leur secteur touristique frappé par la pandémie. D'autres États, dont la France et l'Allemagne se sont montrés jusqu'ici réticents, alors que plus de 95% de la population européenne n'a pas encore reçu de vaccin.

Les positions semblaient s'assouplir durant le sommet virtuel. Pour la chancelière allemande Angela Merkel, une telle décision pourrait même être prise avant l'été.

"Il y a un pas en avant vers une plus grande convergence en faveur d'un certificat numérique. Nous avons donné un mandat aux ambassadeurs pour progresser au niveau technique", a indiqué Charles Michel.

"Nous avons besoin d'au moins trois mois pour assurer l'interopérabilité technique d'un tel instrument", a précisé Ursula von der Leyen.

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