La Roumanie désigne un candidat commissaire européen... aussitôt dénoncé par son président

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Quatre chaises sont vides dans la prochaine Commission européenne, qui pourrait encore être retardée. Deux candidats, le Français et le Hongrois, ont été nommés ce mardi, mais ils doivent encore être entendus par le Parlement. Le candidat roumain est contesté par le président Klaus Iohannis. Et Londres n’a pas l’intention d’envoyer de commissaire.

Comme le Brexit, le gouvernement belge et Godot, la Commission européenne se fait attendre. L’entrée en fonction de la nouvelle équipe, présidée par Ursula von der Leyen, devait avoir lieu vendredi prochain, mais elle a été reportée au 1er décembre. Quatre chaises restent vides dans le futur exécutif, le Parlement européen ayant rejeté les candidats français, hongrois et roumain. Quant au commissaire britannique, il est dans les limbes.

Au vu des derniers développements, l’entrée en fonction de la prochaine Commission pourrait avoir lieu en janvier 2020.

Trois nouveaux candidats

Des avancées ont été enregistrées ces dernières heures, sous l’impulsion d’Ursula von der Leyen. Mais l’écheveau est loin d’être démêlé.

"Je somme publiquement Mme Dancila (la Première ministre roumaine sortante) d’arrêter toute démarche."
Klaus Iohannis
Président roumain

Ce mardi matin, la Commission confirmait la nomination de deux candidats commissaires, le Français Thierry Breton, actuel PDG d’Atos, et le Hongrois Oliver Varhelyi, ambassadeur auprès de l’UE.

Quelques heures plus tard, la Première ministre roumaine sortante Viorica Dancila proposait le nom de Victor Negrescu, l’ex-ministre des Affaires européennes, comme candidat commissaire. Mais le président roumain Klaus Iohannis dénonçait aussitôt cette désignation. "Je somme publiquement Mme Dancila d’arrêter toute démarche", a-t-il dit, regrettant un "geste de défi envers les partenaires européens". La crise roumaine n’est pas finie.

L’horloge tourne

Comme pour le Brexit, l’horloge tourne. Le Parlement dispose de trois semaines pour auditionner les derniers candidats, s’il veut procéder au vote sur la Commission dans son ensemble lors de sa plénière du 25 novembre et permettre son entrée en fonction début décembre.

"Au Parlement européen de dire comment il va s’organiser."
Mina Andreeva
Porte-parole de la Commission européenne

C’est jouable, pour autant que le candidat roumain soit désigné avec certitude et qu’il soit fait l’impasse sur le candidat londonien.

La balle est à présent dans le camp du Parlement, qui doit organiser les auditions des candidats hongrois et français. "La présidente a fait les choses assez rapidement. Au Parlement européen de dire comment il va s’organiser", dit Mina Andreeva, porte-parole de la Commission.

Thierry Breton devra faire du slalom pour éviter les questions pièges sur sa fonction actuelle. Il a promis de revendre ses actions Atos. Le geste devrait porter ses fruits.

Crise politique en Roumanie

Si les Roumains ne parviennent pas à s’entendre sur un nom dans les jours à venir, le vote du Parlement européen sur l’ensemble de la future Commission, prévu fin novembre, sera compromis.

La désignation du candidat roumain avait été bloquée jusqu’ici par la chute du gouvernement de la sociale-démocrate Viorica Dancila. Ce mardi, Dancila a décidé de passer en force en envoyant le nom d’un candidat à Bruxelles. Or, le Parlement roumain doit se prononcer le 4 novembre prochain sur une proposition de gouvernement minoritaire cornaqué par le Parti national libéral. Son chef Ludovic Orban entend bien, lui aussi, présenter un candidat commissaire.

Si les Roumains ne parviennent pas à s’entendre sur un nom dans les jours à venir, le vote du Parlement européen sur l’ensemble de la future Commission, prévu fin novembre, sera compromis. Quand bien même la Roumanie désignerait avec certitude son candidat, reste la question londonienne qui apparaît encore plus compliquée.

Le candidat britannique dans les limbes

L’Europe pousse Londres à envoyer le nom d’un candidat. Les 27 ambassadeurs des États de l’Union, en acceptant de reporter le Brexit au 31 janvier, ont demandé au Royaume-Uni de désigner un commissaire. Cela fait partie de ses obligations en tant que membre de l’Union. Ursula von der Leyen a, elle aussi, indiqué qu’elle attendait un candidat britannique. Mais le Premier ministre britannique Boris Johnson a toujours dit qu’il ne désignerait aucun commissaire.

Légalement, la Commission doit comporter autant de membres qu’il y a d’États dans l’UE. Le traité de Lisbonne avait prévu de réduire le nombre de commissaires à deux tiers du nombre d’États à partir de 2014. Mais pour satisfaire l’Irlande, il fut décidé que chaque pays continuerait à désigner son commissaire.

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