"La Russie a mené une attaque sur le sol britannique" (Williamson)

©EPA

Le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson, a lié la Russie à "l'attaque" qui a eu comme conséquence la mort d'une Britannique. Elle avait été empoisonnée la semaine dernière à l'agent neurotoxique Novitchok.

La quadragénaire britannique contaminée à l'agent innervant Novitchok est décédée dimanche soir à l'hôpital de Salisbury. Elle était hospitalisée depuis une semaine, a annoncé la police. Une enquête pour meurtre est désormais ouverte. Son compagnon reste dans un état critique.

Selon Gavin Williamson, le secrétaire d'Etat à la Défense, la Russie a mené une attaque sur le sol britannique. "La réalité, c'est tout bonnement que la Russie a perpétré une attaque sur le sol britannique, qui a eu pour conséquence la mort d'une Britannique", a-t-il déclaré ce lundi. "Le monde entier, je pense, se rangera à nos côtés dans la condamnation de cet acte", a-t-il continué.

Cependant, le ministre n'a pas précisé s'il faisait référence à l'attaque qui avait visé les Skripal ou au décès de la citoyenne britannique. Toujours est-il que la déclaration devrait raviver les tensions entre Moscou et Londres.

La victime, Dawn Sturgess, était âgée de 44 ans. Elle et un homme de 45 ans du nom de Charlie Rowley ont été exposés au Novitchok le 30 juin à Amesbury, ville du sud de l'Angleterre située non loin de Salisbury. C'est à Salisbury que l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient été empoisonnés le 4 mars.

Charlie Rowley reste, lui, hospitalisé dans un état critique.

La Première ministre Theresa May s'est dit consternée et sous le choc après la mort de Dawn Sturgess, qui laisse trois enfants. Le ministre de l'Intérieur, Sajid Javid, a déclaré que "cette très triste nouvelle ne fait que renforcer notre détermination à découvrir ce qui s'est exactement passé".

Selon le commissaire adjoint Neil Basu, le chef de la police antiterroriste du Royaume-Uni, Dawn Sturgess est décédée à la suite d'un "acte monstrueux, irresponsable et barbare". "La police a ouvert une enquête pour meurtre après que la femme exposée à l'agent Novitchok à Amesbury, dans le Wiltshire, est décédée dimanche 8 juillet au soir", a annoncé Scotland Yard. C'est la première fois que la police précise ainsi l'identité de la victime.

Ce que l'on sait sur l'enquête:

  • L'enquête a été confiée au réseau antiterroriste de la police britannique. Une centaine d'enquêteurs travaillent sur cette affaire jour et nuit aux côtés de leurs collègues de la police du Wiltshire.
  • Des tests sur des échantillons prélevés sur Dawn Sturgess et Charlie Rowley ont montré qu'ils ont été exposés à l'agent neurotoxique après avoir eu un contact manuel avec un article contaminé, a indiqué la police. Reste à savoir comment ils sont entrés en contact avec cet objet.
  • La police indique ne pas être en mesure de dire si l'agent neurotoxique provenait du même lot que celui auquel les Skripal ont été exposés
  • La police n'exclut non plus que les deux affaires d'empoisonnement au Novitchok soient liées
  • La police dit "ne pas pouvoir garantir" qu'il n'y aura pas d'autres personnes touchées

Les autorités britanniques ont accusé la Russie d'avoir voulu empoisonner Sergueï Skripal et sa fille au Novitchok, ce qui a provoqué une crise diplomatique sans précédent depuis la fin de la Guerre froide.

Une centaine de diplomates russes ont été expulsés de Grande-Bretagne et des États-Unis notamment. Moscou, qui dément toute responsabilité dans l'agression, a répliqué par des mesures équivalentes.

Il serait "absurde" d'accuser la Russie, lance le Kremlin

Le Kremlin juge qu'il serait "absurde" d'accuser la Russie de la mort de la Britannique; et ce quatre mois après la crise diplomatique entre les deux pays déclenchée par l'empoisonnement d'un ancien espion russe et de sa fille.

"Nous ne sommes pas au courant que la Russie ait été d'une quelconque manière associée avec cela. Nous considérons que ce serait dans tous les cas assez absurde", a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors d'un point-presse.

"Nous regrettons profondément la mort d'une ressortissante britannique. La Russie demeure très préoccupée quant à la présence de substances toxiques sur le territoire du Royaume-Uni." Il parle d'un danger pour les Britanniques, mais aussi les autres Européens.

"La Russie a proposé dès le début à ses partenaires britanniques une enquête conjointe, mais Londres n'a pas donné suite à cette proposition." De quoi laisser le Kremlin s'interroger si "la Grande-Bretagne est intéressée par une véritable enquête".

 

©AFP

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