"La Russie dépense plus d'un milliard par an pour désinformer"

Le vice-président de la Commission, Andrus Ansip ©EPA

En trois ans, l'Europe a détecté plus de 4.500 cas de désinformation. La Commission Juncker a adopté ce mercredi un plan d'action pour lutter contre la désinformation sur les réseaux sociaux, de plus en plus forte lors des élections. Elle enjoint les géants du net à accélérer leurs efforts.

La Commission européenne a adopté ce mercredi un plan d'action pour lutter contre la désinformations sur les réseaux sociaux et dans les médias. Elle invite les géants de l'internet, Facebook, Google, Twitter et Mozilla, à accélérer la lutte contre la désinformation et à faire rapport des résultats obtenus pour fin 2018. En octobre dernier, ces entreprises ont signé un code de conduite.

Le budget communication de l'East StratCom Task Force, la cellule spéciale du Service européen pour l'Action extérieure (SEAE) consacrée à la lutte contre la désinformation, sera doublé de 1,9 million d'euro en 2018 à 5 millions en 2019.

"La Russie dépense plus d'un millard par an pour les médias pro-Kremlin et son usine à trolls basés à St Petersbourg".
Pedrus Ansip
vice-président de la Commission européenne

"Les élections sont une cible facile pour la menace hybride. Depuis sa création en 2015, nous avons identifié et analysé plus de 4.500 cas de désinformations",  dénonce Andrus Ansip, le vice-président de la Commission chargé du Marché numérique, "la Russie est la principale source de désinformation en Europe. La Russie dépense plus d'un millard d'euros par an pour désinformer avec les médias pro-Kremlin et son usine à trolls basés à St Petersbourg".

"Nous ne pouvons pas nous permettre qu'internet devienne le Far West", renchérit Julian King, le commissaire en charge de l'Union de la sécurité, "nous devons, à court terme, améliorer la façon dont nous détections et supprimons la désinformation".

Le plan d'action vise à améliorer la coordination avec les États membres grâce à un système d'alerte rapide, renforcer les équipes qui dénoncent la désinformation, soutenir les médias et les chercheurs et demander aux plates-formes en ligne de respecter leurs engagements.

Le système d'alerte rapide sera mis en place en mars 2019, avant les élections européennes.

"Cinq millions d'euros, cela ne suffit pas"

Face au milliard d'euros dépensé par Moscou, ce budget paraît insignifiant. "Cinq millions d'euros, cela ne suffit pas face aux moyens mis en oeuvre par la Russie. Mais nous n'allons pas non plus créer une machine de propagande en Europe, ce que nous voulons c'est détecter les fausses informations", poursuit Andrus Ansip, "si cela ne dépendait que de moi, j'y consacrerais 50 millions d'euros.

Les géants du net, accusés de laisser passer facilement les fausses nouvelles, devront ternir leurs engagements. "L'affaire Cambridge Analytica nous a montré que la confiance n'est pas acquise. Nous attendons des résultats pour fin 2028" dit Mariya Gabriel, commissaire à la Société numérique.

70 millions de faux comptes Facebook 

La Commission européenne sera vigilante sur la suppression des faux comptes. "Facebook a lui même reconnu que 3 à 4% de ses comptes étaient faux, cela en fait 70 millions", rappelle Julian King. 

D'après une étude Eurobaromètre de la Commission européenne, 83% des Européens pensent que les fausses nouvelles sont une menace contre la démocratie et 73% des internautes s'inquiètent d'être visés par la désinformation en période préélectorale.  

La Commission Juncker invite les partis politiques à jouer le jeu de la transparence. "Les partis doivent rendre public les dépenses qu'ils affectent à la publicité en ligne. La campagne électorale doit être une bataille d'idée et non d'argent sale où les gens sont désinformés", affirme Vera Jourova, la commissaire à la Justice.

Les élections européennes sont de plus en plus la cible de campagnes de désinformation lancées sur les réseaux sociaux. Lors du référendum sur le Brexit, des campagnes sur Facebook et Twitter ont favorisé la victoire du camp du "leave" en distillant des contre-vérités sur l'Union européenne.

Lors des présidentielles françaises, des cyberattaques appuyant l'extrême droite ont été identifiées au départ de la Russie.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content