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La Serbie, l'Albanie et la Macédoine du Nord créent un "mini-Schengen"

Le président serbe Alexandar Vucic veut créer une zone de libre-échange entre son pays, l'Albanie et la Macédoine du Nord pour mettre l'UE sous pression. ©EPA

La Serbie, la Macédoine du Nord et l'Albanie vont lancer leur propre zone de libre-échange. Ces pays des Balkans, dans l'antichambre de l'Europe depuis des années, n'en peuvent plus d'attendre.

Fatiguées d'attendre le feu vert pour entrer dans l'Union européenne, la Serbie, l'Albanie et la Macédoine du Nord vont lancer ce jeudi leur propre zone de libre-échange. C'est ce que les dirigeants de ces trois pays des Balkans ont annoncé au Financial Times. Ce "mini-Schengen" comprendra un assouplissement des restrictions de voyage, des voies plus rapides aux frontières, des temps d'attente réduits pour le fret et un accès plus facile aux permis de travail. Cette zone de libre-échange serait concrétisée d'ici la fin de l'année. Plus tard, elle pourrait inclure d'autres pays voisins comme le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine.

"Nous devons voir ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes, ce que nous pouvons faire pour notre peuple, comment nous pouvons élargir nos marchés."
Alexandar Vucic
Président de la République de Serbie

La Macédoine du Nord, candidate à l'adhésion à l'UE depuis 17 ans, la Serbie et l'Albanie depuis 12 ans, n'en peuvent plus d'attendre. "Nous devons voir ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes, ce que nous pouvons faire pour notre peuple, comment nous pouvons élargir nos marchés", a déclaré le président de Serbie, Alexandar Vucic, au quotidien britannique, rejoint par le Premier ministre macédonien Zoran Zaev et le président albanais Edi Rama.

Un processus gelé

Le processus d'élargissement aux Balkans occidentaux est gelé depuis plusieurs années, l'UE ne leur ayant donné aucune perspective concrète d'adhésion. La Commission européenne les incite à faire des réformes, par exemple en matière de lutte contre la corruption, de respect des droits humains et d'apaisement des conflits régionaux. Mais les progrès sont jugés insuffisants.

17
ans
La Macédoine du Nord est candidate à l'adhésion à l'UE depuis 17 ans.

De vieilles querelles régionales paralysent aussi leur adhésion. Au printemps dernier, la Macédoine du Nord et l'Albanie ont reçu l'autorisation de commencer des négociations d'adhésion. Mais la Bulgarie a bloqué le processus en raison de dissensions historiques et langagières avec la Macédoine. Certains pays, comme la France, se montrent également sceptiques quant à un nouvel élargissement. Or, une adhésion ne peut avoir lieu qu'à l'unanimité des 27 États membres de l'UE.

"C'est une question de crédibilité. Car pour l'Europe, une promesse faite doit être une promesse tenue."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

La création d'un "mini-Schengen" est un moyen de pression en vue d'un important sommet européen sur l’élargissement, prévu en octobre prochain. La Slovénie, qui détient la présidence tournante de l'UE, considère l'adhésion des Balkans comme une priorité. La Commission soutient cette démarche. "C'est une question de crédibilité. Car pour l'Europe, une promesse faite doit être une promesse tenue", a déclaré début juillet la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Si le blocage persiste, l'UE pourrait perdre de l'influence dans la région, au profit d'autres puissances très présentes, comme la Russie, la Chine et la Turquie.

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