analyse

La succession de Merkel divise la CDU

La chancelière allemande Angela Merkel ©AFP

La CDU se réunit en congrès pour deux jours à Leipzig, un an après qu’Angela Merkel a quitté la direction du parti. Les enjeux tournent autour de sa succession à la chancellerie.

Le 32e congrès de la CDU sera houleux. Cette traditionnelle grand-messe du parti conservateur se tient dans une atmosphère de fin de règne, alors que la Chancelière a annoncé vouloir mettre fin à sa carrière politique avec les élections de 2021. Confronté à une série de résultats catastrophiques lors des élections régionales, miné par des querelles internes autour de l’orientation à prendre et le choix des personnes à même d’incarner le renouveau, la CDU "bat de l’aile", selon le quotidien conservateur die Welt.

Cinq thèmes – et points de friction – vont dominer les débats, notamment autour de quotas féminins au sein du parti, ou d’une révision de la loi sur le minimum retraite qui vient d’être péniblement adoptée avec le partenaire de coalition SPD. L’une des motions les plus explosives concerne l’interdiction du port du voile à l’école et au jardin d’enfants pour les jeunes musulmanes que l’aile droite du parti veut voir figurer au programme, malgré les incertitudes autour d’un éventuel rejet par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

Rival de toujours d’Angela Merkel, Friedrich Merz monte en puissance.

Plus conflictuelle, même si moins émotionnelle, la question Huawei est aussi plus "dangereuse" pour Angela Merkel qui a là pris personnellement position. La Chancelière et son ministre de l’Economie Peter Altmaier s’opposent à l’exclusion du Chinois Huawei du futur réseau 5G. Plusieurs motions, déposées par des militants inquiets d’un risque d’espionnage de la Chine via le réseau, cherchent à fermer la porte au géant chinois. S’ils parviennent à s’imposer, Angela Merkel devra louvoyer, d’autant que du côté de son partenaire de coalition SPD, de nombreuses voix s’opposent également à Huawei.

Au-delà de ces questions de fond, tous les regards seront tournés vers Friedrich Merz et Annegret Kramp-Karrenbauer. Rival de toujours d’Angela Merkel, Merz, 64 ans, avait quitté la politique pour prendre la tête du fonds américain Blackrock. Entre-temps, le millionnaire Friedrich Merz a repris l’offensive contre la Chancelière, dénonçant à la veille du congrès "le leadership défaillant" de Merkel tandis que Kramp-Karrenbauer, dauphine officieuse de la Chancelière, multiplie les bourdes.

42% des Allemands estiment aujourd’hui que Merz serait "un bon candidat", contre 19% d’avis favorables pour Kramp-Karrenbauer. "La question de la candidature à la chancellerie va dominer tout le reste à Leipzig", estime le magazine der Spiegel. L’organisation de jeunesse du parti, la Junge Union, demande que la question soit tranchée par un vote des militants, brisant là un tabou interne. Si un putsch du camp Merz contre Kramp-Karrenbauer semble pour l’heure exclu, l’ambitieux banquier compte bien profiter du congrès pour compter ses troupes, à deux ans des prochaines élections.

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