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Laissez Mussolini dans les poubelles de l'Histoire

Antonio Tajani, président du Parlement européen ©AFP

Le président du Parlement européen dérape.

Mon père, ce héros, fut sorti de son lit un matin de mai 1943, à l’âge de 16 ans, par un soldat SS lors d’une rafle, en réprésailles pour l’assassinat d’un officier allemand. Il fut déporté dans un camp de concentration. Il en est ressorti vivant, et en parle encore comme si c’était hier, avec l’émotion du vieil homme qui refuse de voir les jeunes générations revivre cette tragédie. Très certainement aurait-il été blessé d’entendre le président du Parlement européen, Antonio Tajani, reconnaître mercredi à la radio italienne que "même si on peut ne pas partager sa méthode, Mussolini a fait des routes, des ponts, des bâtiments". Mussolini, l’allié et modèle d’Hitler.

Est-ce à force de voir partir les témoins de ces atrocités que des hommes politiques osent à nouveau évoquer les dictateurs les plus immondes que la terre ait portés?

Au nom de quoi des hommes politiques osent évoquer à nouveau les dictateurs les plus immondes que la terre ait portés? Mussolini, Hitler, Franco, Staline. Viktor Orban, l’autre jour, citait même Lénine.

La mémoire de leurs crimes semble s’être effacée, au point que leurs héritiers, la Ligue italienne de Matteo Salvini et le FPÖ autrichien, fondé par des nazis, sont revenus au pouvoir.

Antonio Tajani n’est ni d’extrême droite, ni fasciste. C’est un homme modéré. On a du mal à comprendre ce dérapage. Est-ce un message aux électeurs tentés de rejoindre Salvini? Il a en tout cas déclenché un tollé. Guy Verhofstadt (ADLE) et Philippe Lamberts (Verts) l’ont sommé de s’excuser. Et il l’a fait. Mais, M. Tajani, la prochaine fois, faites-nous plaisir, et faites plaisir à un vieil homme, laissez Mussolini là où il est. Là où Salvini et les siens devraient le rejoindre. Dans les poubelles de l’Histoire.

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