Europe: le bal des égoïsmes doit cesser

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Le temps n'est plus aux pinaillages ni aux égoïsmes. L'économie européenne a besoin d'oxygène pour affronter la chute attendue du PIB.

"Là où la volonté est grande, les difficultés diminuent", a écrit Nicolas Machiavel. Vendredi, les 27 dirigeants européens auront la tâche de s'accorder sur le plan de relance et le budget 2021-2027 de l'Union européenne. Un paquet de 1.850 milliards d'euros. A quelques jours de cette négociation vitale pour l'avenir de l'Europe, tous n'affichent pas la même volonté de conclure. L'heure est plutôt à l'étalage des égoïsme nationaux.

Plusieurs dirigeants bloquent tout, mettant de côté l'intérêt commun au profit de leur agenda politique national. Les quatre "frugaux" (Autriche, Pays-Bas, Suède, Danemark), conduits par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, sont réticents au plan de relance de 750 milliards destiné aux pays les plus touchés par la crise du coronavirus. Ils ne sont pas seuls à casser la dynamique. La Pologne et la Hongrie, où des régimes autoritaires menacent la justice et la presse, sont prêts à empêcher l'adoption d'un budget dont les aides seraient liées au respect de l'Etat de droit.

En coulisses, les tractations s'intensifient. La Chancelière allemande Angela Merkel et le Président français Emmanuel Macron affichent leur unité, multipliant les rencontres bilatérales pour tenter de rapprocher les capitales. "La tâche est immense", juge la dirigeante allemande.

Angela Merkel sera la clé de voûte d'un accord.

Angela Merkel sera la clé de voûte d'un accord. Ces derniers jours, l'Allemagne, qui préside l'UE pendant six mois, a pris ses distances avec les "frugaux". Cela suffira-t-il? De source diplomatique, "on n'est pas sûr d'aboutir à un accord dans les semaines à venir".

Le risque est élevé. Et le temps n'est plus aux pinaillages ni aux égoïsmes. L'économie européenne a urgemment besoin d'oxygène pour affronter la chute attendue de 8,3% du PIB provoquée par la pandémie de Covid-19.

En France et en Allemagne, les deux grandes économies européennes, il existe un mécanisme de rééquilibrage et de solidarité entre les zones les plus riches et les plus pauvres, qui permet de tirer ces grandes nations vers le haut. Cette péréquation est la recette de leur force et de leur cohésion. Les gouvernements européens les plus réfractaires seraient bien inspirés d'adopter cette philosophie si demain, ils veulent que l'Europe, et eux-mêmes, continuent à peser dans le monde.

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