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Le Brexit provoquera des perturbations, il faut s'y préparer

Michel Barnier, chef négociateur de l'UE pour le Brexit ©EPA

Que le Brexit soit "dur" ou négocié, il provoquera des perturbations. L’UE invite les États et les entreprises à se préparer à tous les scénarios.

"Le Brexit aura lieu, et il provoquera des perturbations, qu’il soit négocié ou non", dit une source de la Commission européenne. Pendant que  l'équipe de Michel Barnier est occupée à négocier le Brexit, une "task force" d’une quinzaine d’experts européens prépare depuis des mois les décisions à prendre en fonction de chaque scénario de sortie du Royaume-Uni de l’UE.

On comprend les inquiétudes de la Commission Juncker. D’après le FMI, le scénario d’un "no deal" ferait perdre 1,5% de PIB à l’Union européenne. La Belgique, par sa proximité et la nature de son économie, serait un des pays les plus exposés.

Sur base des travaux de cette "task force", l’exécutif européen a publié jeudi une communication de 17 pages invitant les États et les entreprises à accélérer leurs préparatifs pour le Brexit.

"Le 30 mars 2019, le Royaume-Uni quittera l’UE et deviendra un pays tiers. Qu’il y ait accord ou pas sur le Brexit, il y aura des conséquences inévitables à la sortie du Royaume-Uni", explique un des auteurs de cette communication.

Concrètement, la Commission a préparé 68 notices très détaillées expliquant la situation aux entreprises et aux administrations afin qu’elles puissent se préparer. "Il faut que tout s’accélère et que tout le monde comprenne ce qui va se passer", ajoute cette source. Cette communication clarifie aussi la situation juridique au 30 mars, selon chaque scénario de sortie.

Préparer les entreprises à un "Brexit dur"

"Des adaptations mineures seront nécessaires, mais à 95% l’environnement réglementaire de l’UE ne changera pas."
Source anonyme

Certains États sont déjà avancés dans les préparatifs. La Belgique, par exemple, a mis en ligne un site pour vérifier si les entreprises sont à jour par rapport au Brexit. L’objectif est de les préparer le mieux possible à l’échec éventuel des négociations.

La Commission prévoit des difficultés pour les PME qui ont vécu dans le marché unique et devront, du jour au lendemain, devenir des pays tiers. Le problème se posera surtout pour les entreprises basées au Royaume-Uni. "Des adaptations mineures seront nécessaires, mais à 95% l’environnement réglementaire de l’UE ne changera pas", précise cette source.

"Loin des scénarios d'horreur"

L’impact du Brexit sur les services financiers est analysé avec attention. "Les vues sur cette question convergent lentement. Il est acquis que la continuité des contrats de services financiers sera assurée", dit une source. "On est loin des scénarios d’horreur. S’il n’y a pas d’accord sur Brexit il y aura des perturbations Mais on n’attend pas d’énorme événement systémique. Les banques sont prêtes."

"On est loin des scénarios d’horreur. S’il n’y a pas d’accord sur Brexit il y aura des perturbations Mais on n’attend pas d’énorme événement systémique. Les banques sont prêtes."
Source anonyme

Entre-temps, les négociations du Brexit continuent "24 heures sur 24, sept jours sur sept", dit un porte-parole de la Commission européenne.

Michel Barnier, le chef négociateurs de l’UE, rencontrait jeudi après-midi le nouveau ministre britannique du Brexit Dominic Raab. Ce vendredi, c’est au tour des ministres des Affaires européennes d’examiner les avancées des négociations.

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