Le budget de l'UE toujours bloqué, les Vingt-Sept évacuent le débat lors d'un sommet

Le président du Conseil européen Charles Michel devra endosser son costume de démineur pour sortir l'Union d'une nouvelle crise autour du budget. ©Photo News

Les Vingt-Sept ont évacué la question du blocage du budget européen, jeudi soir, lors d'un sommet. Le président du Conseil européen, Charles Michel, veut laisser toutes ses chances au dialogue dans d'autres enceintes.

Les dirigeants européens ont abordé brièvement la question du blocage du budget de l'UE et du plan de relance post-Covid par la Pologne et la Hongrie, ce jeudi lors d'un sommet par vidéoconférence. Selon plusieurs sources, les Vingt-Sept ont discuté de la crise durant un quart d'heure à peine, concluant que le format de cette réunion, initialement prévu pour traiter de la pandémie, ne convenait pas pour trouver une solution."Nous devons rester unis sur cette question", a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, lors d'une conférence de presse à la fin du sommet.

Pour les dirigeants européens, une vidéoconférence n'est pas le format idéal pour solutionner la crise sur le budget. ©Photo News

La chancelière allemande Angela Merkel a pris la parole au début du sommet, suivie par les protagonistes du blocage, les Premiers ministres hongrois Viktor Orban, polonais Mateusz Morawiecki et slovène Janez Jansa.

Les dirigeants sont ensuite passés à la gestion de la pandémie de coronavirus. "Nous avons vu des signes prometteurs lors de notre dernière réunion, néanmoins nous devons rester vigilants", a estimé Charles Michel. Les discussions se sont focalisées sur les tests, les vaccins et la levée des restrictions liées à la pandémie. "Les vaccins futurs sont à portée de main", a-t-il ajouté.

Éviter l'escalade

La crise est importante. Pour éviter l'escalade sur ce dossier explosif, les dirigeants veulent laisser plus de temps au dialogue dans d'autres enceintes."Le président du Conseil a contacté toutes les délégations avant le début de la rencontre pour s'assurer que la situation est sous contrôle", dit un haut fonctionnaire européen. "Nous ne pensons pas qu'une vidéoconférence soit le bon format pour discuter d'un problème aussi compliqué. Nous ne sous-estimons pas la gravité de la situation, et nous pensons qu'il faut mettre en oeuvre le plus rapidement possible l'accord de juillet sur le budget".

"Nous ne pensons pas qu'une vidéoconférence soit le bon format pour discuter d'un problème aussi compliqué."
Un haut fonctionnaire européen

Un risque pour l'économie européenne

Le veto des trois pays met en danger la mise en oeuvre du budget pluriannuel de l'UE (2021-2027) et du plan de relance post-Covid, d'un montant total de 1.824 milliards d'euros. Ce blocage risque de porter préjudice à une économie européenne sonnée par la pandémie de coronavirus et entrée en récession.

Les États européens ont pris des mesures extrêmes ces derniers mois pour soutenir leur économie et les entreprises, bon nombre d'entre eux, Pologne et Hongrie en tête, ont besoin d'oxygène. "Des millions de citoyens européens attendent notre aide", a plaidé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen après le sommet.

1.824
milliards d'euros
Le veto des trois pays met en danger la mise en oeuvre du budget pluriannuel de l'UE (2021-2027) et du plan de relance post-Covid, d'un montant total de 1.824 milliards d'euros.

Les États réfractaires à l'accord ne veulent pas d'une clause de conditionnalité qui permettrait de suspendre les aides à un pays qui ne respecterait pas l'État de droit, les valeurs fondamentales de l'UE comme l'indépendance de la justice et la liberté d'expression. Ils y voient une ingérence de l'Union dans leurs affaires intérieures. Mais pour le Parlement européen, la Commission et la grande majorité des États, il est hors de question de remettre en cause l'accord de juillet.

La Pologne et la Hongrie ont donné des signes d'ouvertures. Le parlement polonais a voté une loi appuyant le veto. En même temps, un porte-parole du gouvernement a laissé la porte ouverte au dialogue, laissant entendre que des aides plus importantes à la Pologne pourraient motiver son soutien à l'accord. Viktor Orban, quant à lui, demande des "critères objectifs" pour déterminer le contrôle de l'État de droit et la "possibilité d'un recours juridique".

Une autre solution consisterait à conclure un accord intergouvernemental entre les 24 États s'accordant sur le budget, laissant la Pologne, la Hongrie et la Slovénie en dehors.

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