Le couple franco-allemand veut remettre l'Europe sur les rails

Les dirigeants européens, réunis vendredi à Bratislava sans le Royaume-Uni, se sont donnés six mois pour lancer un nouveau souffle à l'UE, sous l'impulsion d'un couple franco-allemand soucieux d'afficher son unité, pour surmonter le Brexit.
  • Les Allemands dans la rue contre le libre-échange transatlantique

    Entre 163.000 et 320.000 manifestants ont défilé samedi dans sept villes allemandes pour dénoncer le projet de traité de libre-échange transatlantique (TTIP), un texte soutenu par Angela Merkel mais de plus en plus décrié en Europe et que la France veut enterrer. Dans un pays où la population est largement hostile à ce traité en cours de négociation entre les Etats-Unis et l'UE, les organisateurs des manifestations de samedi - une trentaine d'ONG, de syndicats et partis politiques - ont affirmé avoir mobilisé quelque 320.000 personnes. La police dans les 7 villes concernées par les défilés avançait plutôt une fourchette de 163.000 à 188.000 manifestants. Outre le TTIP, pour lequel un nouveau round de négociations vient d'être fixé à début octobre, les manifestants entendent également exprimer leur opposition au Ceta, le traité de libre-échange avec le Canada dont la signature finale est attendue à la fin du mois prochain.

  • Ce qu'il faut retenir

    → A Bratislava, ce sommet sans la Grande-Bretagne a pour ambition de donner une nouvelle impulsion au projet européen.

    → Une feuille de route a été dessinée pour mettre en œuvre d'ici mars 2017 des solutions aux principaux problèmes européens.

    → Plusieurs conseils européens sont prévus d'ici le printemps, ainsi qu'une nouvelle réunion à 27, à Malte, en février.

    → Les divergences sur l'immigration sont revenues sur la table effective d'ici les élections européennes de 2019.

  • Les pays de l'UE "prêts à ratifier le plus vite possible" l'accord de Paris sur le climat

    Tous les pays de l'Union européenne sont "prêts à ratifier le plus vite possible" l'accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique, a affirmé  le président français François Hollande. A cet effet, un conseil extraordinaire des ministres de l'Environnement des 28 sera organisé le 30 septembre, a précisé la présidence tournante slovaque, pour permettre d'avancer dans la finalisation de cette ratification.

  • Les 27 prêts à commencer les négociations sur le Brexit "demain"

    L'Union européenne se dit prête à commencer "demain" les négociations sur le départ du Royaume-Uni, après le vote en faveur du Brexit, malgré la décision de Londres de repousser la procédure de divorce au début 2017, a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk.

    "Nous sommes fin prêts", a encore assuré Donald Tusk, en précisant que "nous pouvons même déclencher la procédure demain".

  • Matteo Renzi n'est pas content

    Le président du Conseil italien Matteo Renzi a exprimé son mécontentement à l'égard des conclusions du sommet européen de Bratislava et a refusé de participer à la conférence de presse commune avec François Hollande et Angela Merkel.

    "Je ne suis pas content des conclusions (du sommet) sur la croissance et l'immigration. (...) Je ne peux pas participer à une conférence de presse avec Merkel et Hollande sans partager leurs positions".
    Matteo Renzi

    De source diplomatique à Bratislava, on indique que la conférence à trois Hollande-Merkel-Renzi n'avait pas été prévue et que le président français et la chancelière allemande entendaient seulement prolonger l'image d'unité donnée la veille à l'Elysée. "Il n'y a aucun problème avec les Italiens, ils sont d'accord sur le fond", a-t-on ajouté.

    Selon le dirigeant italien, le sommet n'a marqué aucune avancée significative sur la crise migratoire en Europe. "Dire que le document d'aujourd'hui est un pas en avant sur la question des migrants relèverait de l'imagination ou de l'acrobatie verbale", a-t-il affirmé.

  • "Bratislava peut être un déclic", selon Charles Michel

    Bratislava "peut être un déclic" pour l'Union européenne, a indiqué notre Premier ministre Charles Michel à l'issue du Sommet informel des chefs d'Etat et de gouvernement européens. Le Sommet a évoqué l'impasse dans laquelle se trouve l'UE depuis le Brexit. "Chacun est convaincu que l'Europe reste un beau projet mais nous devons faire mieux", a encore commenté Charles Michel.

    "Chacun était convaincu aujourd'hui de la nécessité de mieux prendre en compte la réalité des autres pays."
    Charles Michel

    L'Europe n'a pas réussi à sortir de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis le référendum britannique il y a trois mois. Mais "ce fut un déclic", a assuré Charles Michel. Selon lui, la table des discussions était animée de la volonté de sortir de l'immobilisme.

  • La question de l'immigation divise les 27

    La question de l'immigration, qui divise les 27, a aussi été abordée lors de ce sommet. "Nous devons renforcer encore les frontières extérieures", a insisté François Hollande tandis que qu'Angela Merkel a rappelé l'objectif de "stopper l'immigration irrégulière" et de combattre les "causes profondes" de migrations qui déstabilisent l'Europe.

    Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, partisan d'une approche plus dure, a estimé que le Conseil européen de Bratislava n'avait pas modifié la politique de l'Union européenne en matière d'immigration, ce qu'il a qualifié de "naïf et auto-destructeur". Si l'Allemagne n'impose pas de plafond précis au nombre de migrants qui veulent entrer dans l'UE, un nombre massif de personnes seront attirées en Europe par "effet de succion", a encore déclaré Viktor Orban. "Il faut que quelque chose se passe à cet égard", a souligné le chef du gouvernement hongrois.

    Il a ajouté que les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'UE se trouvant le long de la route migratoire des Balkans, notamment l'Autriche et l'Allemagne, se réuniraient à Vienne le 24 septembre pour tenter de trouve un moyen d'avancer sur le dossier.

  • Merkel: "Bratislava sera un pas sur une longue route"

    "Nous devons avoir un agenda, un plan de travail, une feuille de route pour que d'ici le 60e anniversaire du traité de Rome, nous ayons traité un certain nombre de problèmes."
    Angela Merkel



    Le sommet à 27 de Bratislava, qui a décidé de lancer des projets concrets "est un point de départ pour un travail intense", a souligné la Chancelière allemande évoquant "un pas sur une route qui sera longue".

    ©EPA

  • Le couple franco-allemand à la manoeuvre

    L'Allemagne et la France vont travailler ensemble de manière "très intensive" pour faire le "succès" de l'Europe, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel à l'issue d'un sommet européen réuni à Bratislava, sans le Royaume-Uni.

    "La France et l'Allemagne vont très intensément s'engager dans les prochains mois pour faire de tout ça un succès."
    Angela Merkel

    La chancelière allemande a présenté avec le président français une liste des priorités des prochains mois, établies par les 27, lors d'une conférence de presse commune.

  • Une croisière pour entamer les discussions

    Les dirigeants européens, réunis à Bratislava pour réfléchir à l'avenir de l'UE, se sont accordé une petite croisière sur le Danube, fleuve européen emblématique, pour inspirer leurs débats.

    Le "Regina Danubia", sur lequel ont embarqué les 27 chefs d'Etat ou de gouvernement européens, entouré par la flotte des services de sécurité. ©AFP

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    ©AFP

  • Le dumping, la priorité belge

    Pour Charles Michel, il convient de voir s'il existe "encore une volonté politique de progresser à 27". "Pas avec de grands slogans, mais bien avec une stratégie opérationnelle."

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    Par ailleurs, le Premier ministre belges estime que "nous aurions plus de poids diplomatique si nous pouvions développer une défense européenne".

    Il a également insisté sur le volet économique et en particulier sur le dumping, à son arrivée à Bratislava. "Le dumping social constitue chez nous une campagne quotidienne contre l'Europe." Les collègues est-européens de M. Michel "sont demandeurs sur d'autres thèmes", il doit donc être possible de parvenir à un "compromis cohérent", estime-t-il.

  • Pas de volonté de "punir" les Britanniques

    "Nous ne voulons pas négocier (le Brexit) d'une manière qui punirait le Royaume-Uni et les Britanniques, mais nous devons nous assurer que les intérêts de l'Europe et les intérêts de la France soient préservés", a déclaré à Londres la secrétaire d'Etat française au numérique Axelle Lemaire. 

    Mais jusqu'à ce que les Britanniques ne lancent effectivement la procédure de divorce, ce qu'ils n'entendent pas faire avant la fin de l'année ou début 2017, "personne ne sait ce qui est sur la table", a ajouté la responsable française. "Tout ce que nous pouvons faire, c'est essayer de nous préparer, avoir les meilleures structures pour négocier" dans l'intérêt de l'Europe. 

    "C'est l'intérêt de l'Europe qui est réellement en jeu à Bratislava."
    Axelle Lemaire
    Secrétaire d'État française au numérique

  • La France ne peut être la seule à défendre l'Europe

    "La France fait l'effort principal pour la défense européenne mais elle ne peut pas être seule, elle ne veut pas être seule", a déclaré le président français François Hollande à son arrivée dans la capitale slovaque. "Elle peut être la première mais elle veut que l'Europe puisse assurer sa propre défense dans le cadre des alliances que l'on sait, c'est-à-dire de l'Alliance atlantique avec notre partenaire américain", a-t-il ajouté. "Que chacun sache bien si les Etats-Unis font un choix de s'éloigner, l'Europe doit être capable de se défendre par elle-même."

    Dans un contexte d'instabilité mondiale, une réflexion sur la défense européenne est en cours pour faire avancer une idée longtemps ralentie par les Britanniques.

    Dans un texte commun publié cette semaine, les ministres de la Défense français et allemand, Jean-Yves Le Drain et Ursulavon der Leyen prônent un renforcement des capacités "pour protéger efficacement les citoyens et les frontières".

    ©REUTERS

  • "Une situation critique"

    L'Europe est "dans une situation critique" et tous les problèmes auxquels elle est confrontée ne pourront être réglés en une seule réunion, a déclaré Angela Merkel à son arrivée au sommet européen. La chancelière allemande a cependant exprimé son espoir que cette journée de travail démontrerait que les Européens veulent travailler ensemble pour résoudre ces difficultés.

    ©AFP

  • L'ébauche d'une Europe post-Brexit

    Les dirigeants des pays de l'UE se retrouvent ce vendredi à Bratislava en Slovaquie. C'est le premier sommet européen sans le Royaume-Uni. Au programme:

    Relancer une Europe affaiblie

    L'UE "n'est pas menacée dans son existence" par le Brexit, avait estimé mercredi le président de la Commission Jean-Claude Juncker. Mais "ce serait une erreur fatale de considérer que le résultat négatif du référendum au Royaume-Uni représente un problème spécifiquement britannique", a prévenu de son côté le président du Conseil européen, Donald Tusk, dans sa lettre d'invitation adressée aux 27 pour le sommet de Bratislava.

    Les citoyens européens "veulent savoir si les élites politiques sont capables de restaurer le contrôle sur des événements et des processus qui les dépassent, les désorientent et parfois les terrifient", a-t-il estimé, citant les migrations, le terrorisme mais aussi la mondialisation.

    Parler de la sécurité et la défense européenne 

    La majorité des pays européens souhaitent une relance de la défense européenne. La Commission propose notamment:

    - des ressources militaires communes
    - un quartier général unique
    - la création "avant la fin de l'année" d'un fonds européen pour stimuler la recherche et l'innovation dans l'industrie de la défense.

    "Pour l'instant, il n'y a pas d'état-major opérationnel, mais seulement un comité militaire des 28", indique une source diplomatique française. 

    Dans le domaine la sécurité, le renforcement de la protection des frontières extérieures de l'UE fait désormais l'objet d'un consensus. Bratislava devra marquer "un tournant décisif" sur ce point, estime M. Tusk.

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