Le Covid-19 éclipse le climat et d'autres sujets majeurs au sommet européen

Le sommet européen avait lieu par vidéoconférence, un format peu propice aux négociations. ©BELGA

La crise sanitaire a éclipsé la question climatique et les relations avec la Russie lors du sommet européen. Le président des États-Unis, Joe Biden était l'invité des Vingt-Sept. Lors des débats, l'UE a fait une ouverture vers la Turquie.

Les dirigeants européens étaient réunis jeudi en sommet pour se coordonner face à la pandémie de coronavirus, alors que le risque d'une troisième vague pousse de plus en plus de pays à durcir les restrictions sanitaires. La réunion, prévue en présentiel, s'est tenue par vidéoconférence en raison de l'aggravation de la situation sanitaire en Belgique.

"Nous avons besoin de confiance, nous devons rester unis et être correctement organisés."
David Sassoli
Président du Parlement européen

Les discussions ont été monopolisées par la campagne vaccinale européenne, peu avancée par rapport aux États-Unis et au Royaume-Uni, et la proposition de la Commission européenne de durcir les restrictions aux exportations de vaccins. Des tensions entre États sur la répartition des vaccins ont également créé une certaine confusion.

Au début de la réunion, le président du Parlement européen David Sassoli a invité les dirigeants européens à rester unis. "Nous avons besoin de confiance, nous devons rester unis et être correctement organisés", a-t-il dit.

La crise sanitaire et le format du sommet n'ont pas permis de discussions approfondies sur certains sujets importants, comme la lutte contre le réchauffement climatique et la politique industrielle. Un débat sur la stratégie avec la Russie, annoncé de longue date, a été reporté.

Reprise des liens avec les États-Unis

Le président des États-Unis Joe Biden s'est adressé Conseil européen en fin de soirée. C'est une première depuis l'intervention de Barack Obama, lors d'un sommet entre l'UE et les États-Unis en 2009.

"C'était un conseil hors du commun par la présence d'un invité exceptionnel."
Charles Michel
Président du Conseil européen

Joe Biden a abordé avec ses homologues européens la lutte contre la pandémie de coronavirus, le réchauffement planétaire, le renforcement des relations commerciales, ainsi que les relations avec la Chine où les droits de la minorité Ouïgour sont bafoués.

"C'est important que l'UE et les Etats-Unis se concertent plus qu'avant", a indiqué le Premier ministre belge Alexander De Croo. Lors de cet échange avec le président Biden, "la Chine est apparue comme un des exemple où l'Europe et les Etats-Unis peuvent agir de façon plus coordonnée", a-t-il ajouté.

Joe Biden a l'intention de revitaliser les relations entre les deux blocs, mises à mal par son prédécesseur Donald Trump. L'administration Trump a multiplié les points de rupture avec les Européens ces quatre dernières années dans le domaine commercial, fiscal et sur les dépenses militaires jugées insuffisantes des États européens.

"C'était un conseil hors du commun par la présence d'un invité exceptionnel", a commenté le président du Conseil européen Charles Michel, évoquant "les menaces communes auxquelles les deux blocs doivent faire face", comme "la désinformation, les cyberattaques et les menaces hybrides".

4
millions de réfugiés
L’accord sur les migrants conclu en 2016 avait permis d'accueillir près de 4 millions de réfugiés syriens en Turquie.

Ouverture vers Ankara

Les dirigeants européens ont fait une ouverture vers la Turquie en proposant d’approfondir l’Union douanière entre les deux zones, tout en avertissant Ankara du risque de sanctions en cas de nouvelles provocations.

"Il est indispensable que la Turquie reste sur un mode positif, modéré."
Charles Michel
Président du Conseil européen

"Il est indispensable que la Turquie reste sur un mode positif, modéré", a averti Charles Michel, ajoutant que "des contacts sont en cours pour effectuer éventuellement une visite en Turquie en avril".

Les Vingt-Sept actent une désescalade des tensions avec la Turquie. Ils demandent au Conseil européen de "travailler à un mandat pour la modernisation de l’Union douanière", selon la déclaration adoptée lors du sommet. L’objectif est d’étendre l’accord commercial avec la Turquie aux services, aux produits agricoles et aux marchés publics.

Les dirigeants invitent également la Commission à examiner la question de l'octroi des visas aux ressortissants turcs et à préparer une proposition pour renouveler le financement de l'aide aux réfugiés syriens accueillis en Turquie. L'UE a versé à ce jour 4 milliards d'euros sur les 6 milliards promis à Ankara.

Ces engagements à renforcer la coopération datent de l’accord sur les migrants conclu en 2016, qui avait permis d'accueillir près de 4 millions de réfugiés syriens en Turquie. Depuis lors, le régime du président Erdogan a multiplié les provocations contre les droits de l'homme et les intérêts européens, ce qui a conduit au gel des négociations d’adhésion du pays à l’UE.

Cette ouverture n'est pas du goût de tous les États européens, en particulier la Grèce et Chypre dont le territoire a été violé cet été par des navires turcs d'exploration gazière.

Cet "agenda positif" s’accompagne d’une menace. "Nous appelons la Turquie à s'abstenir de nouvelles provocations ou actions unilatérales en violation du droit international", peut-on lire dans la déclaration du Conseil. Sans quoi, l’UE pourrait "utiliser les instruments et options à sa disposition pour défendre ses intérêts".

Le résumé

  • La crise sanitaire et les exportations de vaccins ont monopolisé le sommet européen.
  • Plusieurs sujets, comme le climat, la politique industrielle et la Russie, n'ont pas été discutés.
  • Le président des Etats-Unis Joe Biden a appelé à la reprise des relations transatlantiques.
  • Les Vingt-Sept ont fait des ouvertures vers la Turquie, assortie de menaces de sanctions.

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