Le dialogue reprend entre l'Espagne et les indépendantistes catalans

L'indépendantiste catalan Oriol Junqueras bénéficie d'un régime de semi-liberté grâce à la reprise du dialogue entre Madrid et Barcelone. ©REUTERS

Les gouvernements espagnol et catalan ont repris le dialogue, trois ans après l'éclatement de la crise indépendantiste. Les premiers effets se sont fait sentir avec l'octroi d'un régime de semi-liberté pour Oriol Junqueras.

Pour la première fois depuis le début de la crise indépendantiste en Catalogne en 2017, les autorités espagnoles et catalanes ont convenu de reprendre le dialogue autour d'une table ronde visant à désamorcer la crise indépendantiste. 

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a rencontré mercredi le chef du gouvernement régional de Catalogne, Quim Torra pour tenter de trouver une issue politique à une situation qui déstabilise la politique espagnole depuis plusieurs années. Dans cette affaire, Sanchez joue sa survie politique.

"Cette première réunion a permis de jeter les bases du dialogue. Nous avons pu constater la nature politique du conflit, qui nécessite une solution politique."
Meritxell Serret
Représentante du gouvernement catalan

"Cette première réunion a permis de jeter les bases du dialogue. Nous avons pu constater la nature politique du conflit, qui nécessite une solution politique", dit une représentante du gouvernement catalan, Meritxell Serret. Les autorités espagnoles et les indépendantistes catalans ont convenu que cette table ronde sera "un instrument pour véhiculer une solution" et de "poursuivre les travaux pour promouvoir le dialogue, la négociation et l'accord".

La table ronde se tiendra chaque mois, alternativement à Madrid et à Barcelone au siège des deux gouvernements. Un groupe de travail sera également organisé pour préparer des accords entre les deux parties.

Amnistie et référendum

"Nous demandons aussi que la société catalane puisse décider de son futur par un référendum."
Meritxell Serret

Les indépendantistes réclament l'amnistie pour les leaders catalans condamnés fin 2019 à des peines de prison de 9 à 13 ans suite à la déclaration d'indépendance en octobre 2017. Une partie des indépendantistes sont en prison, une autre a choisi l'exil, comme la figure de proue du mouvement, Carles Puigdemont, réfugié en Belgique. "Nous demandons aussi que la société catalane puisse décider de son futur par un référendum", poursuit Meitxell Serret. Madrid, de son côté, espère obtenir le soutien des députés catalans lors du vote du budget.

Premiers effets de la détente

13
ans
L'indépendantiste catalan Oriol Junqueras a été condamné à 13 ans de prison pour sédition et détournement de fonds.

Jeudi, les premiers effets de cette reprise du dialogue se sont fait sentir. L'indépendantiste catalan Oriol Junqueras obtenait l'autorisation de sortir de prison trois fois par semaine pour travailler. M. Junqueras a été condamné à 13 ans de prison pour sédition et détournement de fonds pour son rôle dans la tentative de sécession.

Le gouvernement espagnol, de son côté, réussissait à passer une première étape en vue de l'adoption du budget grâce à l'abstention d'une partie des députés catalans, dont celle des élus de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC). Si Pedro Sanchez ne parvient pas à faire voter le budget, il ne pourra appliquer son programme de dépenses sociales et devra retourner aux urnes. 

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