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Le FMI et l'UE font pression sur la Hongrie

Viktor Orban, premier ministre hongrois

Le Fonds monétaire international et l'Union européenne ont averti le gouvernement conservateur hongrois qu'il devait prendre des "décisions difficiles" dans l'assainissement des finances publiques, notamment au niveau des dépenses, tout en notant que la politique de Budapest constituait "une base appropriée".

Frappée très sévèrement par la crise internationale, la Hongrie n'avait évité une banqueroute d'Etat en octobre 2008 que grâce à un prêt de 20 milliards d'euros du FMI, de la Banque mondiale et de l'UE, un prêt, dont la Hongrie n'a toutefois pas utilisé toutes les tranches et qui expire en octobre 2010.

Face au coup de semonce du FMI et de l'UE, le gouvernement, dirigé par Viktor Orban, a souligné dimanche sa volonté de poursuivre les réformes structurelles.

"Le gouvernement hongrois poursuivra la politique des réformes structurelles dans les domaines qualifiés d'importants par nos partenaires tels que ceux du système fiscal, de la santé publique et des transports en commun", a indiqué le ministre de l'Economie, György Matolcsy, dans un communiqué. Les négociations avec les représentants du FMI et de l'UE vont se poursuivre, a-t-il ajouté.

A l'issue d'une série de consultations à Budapest du 6 au 17 juillet, le chef de la mission en Hongrie du FMI, Christoph Rosenberg, avait demandé dans la nuit de samedi à dimanche des "décisions difficiles" pour réduire les déficits publics, en particulier pour diminuer les dépenses et restructurer les entreprises publiques.

Dans un communiqué, il avait souligné que "les objectifs de réduction du déficit annoncés -- 3,8% du produit intérieur brut (PIB) en 2010 et moins de 3% en 2011 -- restaient une base appropriée pour le processus nécessaire de consolidation". "Mais, des mesures supplémentaires vont devoir être prises".

La Commission européenne, de son côté, tout en reconnaissant les efforts accomplis jusqu'à présent par Budapest, déplore leur aspect temporaire: "Les mesures correctives du gouvernement sont d'une nature plutôt temporaire et la taxe (sur les banques, NDLR), même si elle contribue à l'assainissement budgétaire à court terme, pourrait avoir dans sa forme actuelle un impact négatif sur la croissance économique" et "vis-à-vis des flux de capitaux", notamment des investisseurs étrangers, a relevé la Commission dans un communiqué publié à Bruxelles samedi soir.

L'UE a également réclamé du gouvernement hongrois plus de "détails" et de "clarté" sur les réformes structurelles envisagées dans les domaines de la santé et des transports en commun, évoquant même des projets, à ce stade, "incompatibles avec les lois communautaires".

Christoph Rosenberg a souligné que les mesures visant à augmenter les rentrées fiscales, comme la taxe bancaire extraordinaire, devaient être complétées par des mesures "durables" de réduction des dépenses publiques, une opinion partagée par Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques.

Le gouvernement hongrois escompte 650 millions d'euros de recettes annuelles en 2010 et 2011 avec la taxe sur le secteur financier.

Grâce aux mesures d'austérité du gouvernement précédent de Gordon Bajnai, la Hongrie a retrouvé une confiance -- fragile -- auprès des marchés et a pu se passer des deux dernières tranches du prêt du FMI et de l'UE en novembre 2009 et en février 2010.

Faute d'accord avec le FMI et l'UE, le pays ne pourra cependant pas tirer la prochaine tranche du crédit et, même s'il n'en a pas besoin dans l'immédiat.
Les marchés risquent de sanctionner Budapest par une nouvelle chute de la devise hongroise, le forint, dès lundi matin, selon le quotidien en ligne Index. Il envisage même une hausse du taux directeur de la Banque centrale lundi, alors que les marchés anticipaient le maintien du taux à son niveau de 5,25%.

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