Le gouvernement français abandonne la hausse de la taxe carbone pour 2019

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L'Assemblée nationale a approuvé par 358 voix contre 194 les mesures annoncées par Edouard Philippe en réponse à la crise des gilets jaunes, à l'issue d'un débat de près de cinq heures dans l'hémicycle. La hausse de la taxe carbone est "abandonnée" pour 2019.

Ce mercredi et face à une nouvelle perspective de violence urbaine, le Premier ministre français Edouard Philippe a quasiment laissé entendre que si la concertation voulue par son gouvernement sur le premier semestre 2019 ne donnait pas de résultat probant, ce supplément fiscal au prix du litre de carburant serait abandonné. Devant les députés, il a appelé chacun à la "responsabilité" alors que dans le même temps des centaines stations-service sont désormais à sec du fait des blocages ou menaces de blocage.

L'Assemblée nationale a approuvé par 358 voix contre 194 les mesures annoncées par Edouard Philippe. La hausse de la taxe carbone, qui a d'abord été suspendue pour 6 mois, est "abandonnée" pour 2019.

"Je n'ai aucun état d'âme à dire qu'on a pu se tromper."
Benjamin Griveaux
porte-parole du gouvernement français

L'heure est d'autant plus au déminage que les lycéens emboîtent le pas aux gilets jaunes, de même que les routiers ou encore les agriculteurs. Tôt le matin sur RTL, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait de son côté affirmé que la remise en question de l'impôt sur la fortune (ISF), aujourd'hui supprimé et dont le retour est réclamé, n'était pas sur la table, mais en laissant entendre que si quelque chose ne marchait pas, il pourrait être changé. "Je n'ai aucun état d'âme à dire qu'on a pu se tromper", a-t-il insisté. Quelques heures plus tard, Edouard Philippe abordait logiquement le sujet dans le même état d'esprit après avoir répété son plan d'apaisement (gels des hausses sur l'électricité, le gaz, ajournement du nouveau contrôle technique, valorisation programmée du salaire minimum...) et manifesté sa volonté d'organiser un débat sur les impôts et les dépenses publiques.

Mais c'était sans compter le président français, qui a directement exclu tout rétablissement de l'ISF.

Un soutien des Français toujours majoritaire

Emmanuel Macron, qui se tient pour l'instant en retrait du débat préférant laisser à son Premier ministre le soin de calmer la fronde, a demandé à tous les partis politiques, aux syndicats et au patronat de lancer un appel "au calme" après les violences du week-end dernier, selon une déclaration de Benjamin Griveaux à l'issue du Conseil des ministres. D'autant que la marche pour le climat maintenue samedi, à Paris et dans 150 villes de France, créera sans doute une tension supplémentaire pour des forces de sécurité déjà très sollicitées depuis quatre semaines.

Selon un sondage Elabe réalisé après l'intervention du Premier ministre mardi et publié hier, si 82% des Français condamnent les violences du week-end dernier, ils sont encore 72% à soutenir les gilets jaunes en estimant que les mesures apportées ne sont pas suffisantes. Mais la proportion des personnes favorables à la poursuite du mouvement connaît un recul significatif tout en restant majoritaire (63%). Tous les regards seront donc braqués sur la journée de samedi et notamment sur l'ampleur de la contestation qui sert aujourd'hui de curseur à un exécutif naviguant à vue.

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