Le gouvernement grec se divise sur l'ERT

Evangelos Venizelos, président du Pasok, parti socialiste grec. ©EPA

La Gauche démocratique, le plus petit parti de la coalition au pouvoir en Grèce, pourrait décider de retirer son soutien au gouvernement d'Antonis Samaras après l'échec des discussions sur la réouverture de la société d'audiovisuel public ERT, ont annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi deux responsables du parti.

Les élus de Gauche démocratique (GD) se retrouveront ce vendredi matin pour arrêter leur position, ont indiqué ces responsables à Reuters.

"La Gauche démocratique décidera si elle continue ou non à soutenir le gouvernement", a déclaré un responsable.

Un autre membre du parti, Dimitris Hatzisokratis, a précisé qu'il n'était pas dans l'intention de sa formation de pousser le pays vers de nouvelles élections anticipées.

Antonis Samaras a répondu qu'il se disait prêt à poursuivre sa politique sans son allié, qui compte 14 élus à la Vouli, le parlement grec.

"Je veux que nous continuions ensemble comme nous avons commencé mais j'irai de l'avant, quoi qu'il en soit", a déclaré le Premier ministre à la télévision, disant vouloir appliquer les réformes du secteur public réclamées par les bailleurs internationaux de la Grèce.

"Notre objectif est d'achever nos efforts pour sauver le pays. Nous espérons le soutien de la Gauche démocratique", a-t-il déclaré.

Son parti Nouvelle Démocratie et les socialistes du Pasok rassemblent à deux eux 153 élus sur un total de 300 sièges à la Vouli. Avec une courte majorité de trois sièges, ils pourraient continuer à gouverner sans le soutien des 14 élus de la GD, mais le départ de cette dernière constituerait un revers de taille pour la coalition, au pouvoir depuis un an.

Au moins deux députés indépendants ont indiqué jeudi qu'ils soutiendraient le gouvernement d'Antonis Samaras, fragilisé par des divergences sur la politique d'austérité et d'immigration.

Les tensions se sont accentuées depuis la décision du Premier ministre il y a dix jours de mettre en sommeil les trois chaînes de télévision et la radio de la société d'audiovisuel public ERT (Ellinikí Radiofonía Tileórasi), officiellement pour des raisons budgétaires.

"UNE QUESTION DE DEMOCRATIE"

Mis devant le fait accompli, les socialistes du Pasok et la Gauche démocratique avaient demandé une reprise immédiate des émissions.

Lundi, le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative du pays, a suspendu le décret gouvernemental qui avait ordonné la fermeture de l'ERT, ouvrant la voie à une reprise des émissions, toujours attendue.

Jeudi soir, pour la troisième fois depuis le début de la semaine, les trois partis n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur les modalités de réouverture de l'ERT.

A l'issue de la rencontre, le chef de la Gauche démocratique, Fotis Kouvelis, a déclaré que ses propositions sur une nouvelle société d'audiovisuel public avaient été rejetées par le Premier ministre.

Il a accusé Antonis Samaras de ne pas respecter la décision du Conseil d'Etat. "Ce n'est pas une formalité, il ne s'agit pas d'une simple procédure, c'est fondamentalement une question de démocratie", a-t-il déclaré. "Nous ne sommes pas responsables de l'impossibilité à trouver un terrain d'entente", a-t-il ajouté.

Le dirigeant du Pasok Evangelos Venizelos, deuxième parti de la coalition en importance, a souligné de son côté la gravité de la situation et invité la Gauche démocratique à ne pas quitter l'équipe gouvernementale.

"La situation est particulièrement grave pour le pays, pour l'économie et pour les citoyens", a-t-il déclaré. "Nous voulons conserver un gouvernement à trois et nous demandons à la Gauche démocratique de ne pas rompre."

Le Premier ministre s'est plaint jeudi que sa proposition de rouvrir l'ERT avec environ 2.000 salariés, contre 2.600 précédemment, n'ait pas été acceptée par la Gauche démocratique.

"Nous n'aurons plus d'écrans noirs sur les chaînes publiques mais nous n'allons par revenir à un système scandaleux", a-t-il déclaré.

"A ce stade, nous sommes en sérieux désaccord à propos de l'ERT. J'ai fait des efforts pour rétablir l'unité et trouver une solution. Je n'ai pas répondu aux propos désagréables", a ajouté le chef du gouvernement.

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