Le marché de la cocaïne en Europe "s'ubérise"

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Les saisies de cocaïne en Europe ont doublé en 2017, atteignant les 140 tonnes, dont 45 tonnes saisies en Belgique. Le port d’Anvers est l’une des principales portes d’entrée de la cocaïne en Europe. La réalité virtuelle et la géolocalisation sont les nouvelles solutions numériques mises en place pour lutter contre la drogue.

Les saisies de cocaïne continuent de croître en Europe et atteignent des niveaux records, c’est l’une des conclusions les plus frappantes du nouveau rapport européen sur les drogues 2019, publié ce jeudi par l’observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA). En 2017, 140 tonnes de cocaïne ont été saisies en Europe, soit le double de 2016, dont 45 tonnes proviennent de Belgique, suivie par l’Espagne (41 tonnes) et la France (17,5 tonnes). Le Luxembourg, la Belgique et l’Italie sont les pays d’Europe où la consommation de cocaïne a été la plus "fréquente" au cours de l’année écoulée, selon le rapport. Le marché, de par ses nouveaux acteurs et méthodes, aurait tendance à "s’ubériser" et à être davantage concurrentiel.

Ubérisation du marché

La cocaïne, dont 3,9 millions de personnes ont fait usage au cours de l’année précédente, est le stimulant illicite le plus couramment consommé en Europe. Les médias sociaux, les marchés du darknet et des techniques de chiffrement sont de plus en plus utilisés pour développer le trafic de drogue, et particulièrement le marché de la cocaïne. L’EMCDDA mentionne une potentielle "ubérisation" du commerce de la cocaïne, grâce aux smartphones, à travers différentes méthodes. Notamment par la création de centres d’appel qui envoient des coursiers pour assurer une livraison rapide et flexible de la drogue. Dimitris Avramopoulos, commissaire européen chargé de la Migration, des Affaires intérieurs et de la Citoyenneté, déclare que "ce rapport illustre la complexité du phénomène de la drogue en Europe", et qu’il est important de se "pencher sur le marché digital des drogues et être coordonné aux niveaux national, européen et international".

Belgique: porte d’entrée de la cocaïne en Europe

La Belgique est une plaque tournante du trafic de cocaïne, une grande partie des saisies en Europe s’opèrent au port d’Anvers, proche de celui de Rotterdam "qui est un important centre du crime organisé", explique Dimitris Avramopoulos. La cocaïne entre en Europe de diverses manières, mais la croissance du trafic de gros volumes dans des conteneurs de transport maritime constitue un défi majeur, selon le nouveau rapport. Anvers et Amsterdam figurent parmi les villes d’Europe où sont décelées les plus grandes quantités de résidus de cocaïne dans leurs eaux usées.

Les drogues de synthèse

La production de drogues de synthèse semble "croître, se diversifier et devenir plus innovante" selon le rapport. En 2018, environ 50 nouveaux opioïdes de synthèse ont été détectés en Europe pour la première fois. Bon nombre de ces substances sont associées à des intoxications graves et à des décès. Cette épidémie d’opioïdes, à laquelle font face les États-Unis et le Canada, fait tout doucement son apparition au sein des frontières de l’Europe.

Les solutions numériques

Les solutions numériques sont maintenant utilisées dans la prévention, le traitement et la réduction des risques dans le domaine des drogues. Le recours à la géolocalisation en est une, permettant aux utilisateurs de repérer les points d’échange de seringues. La réalité virtuelle, quant à elle, permet de recréer des environnements immersifs stimulant le besoin de drogue, pour renforcer la résilience des patients.

"Avec la mondialisation et les avancées technologiques, les questions stratégiques que les décideurs politiques européens doivent prendre en considération se présentent sous un angle nouveau", confirme l’EMCDDA.

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