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Le nationalisme, drogue dure de l'Europe

©AFP

Après 35 ans de mandat, le fondateur du Front national Jean-Marie Le Pen ne se représentera pas aux élections européennes.

Tremblant, éructant de colère sur des notes qu’il peinait à lire, le fondateur du Front national Jean-Marie Le Pen a fait, lui aussi, ses adieux au Parlement européen. Après 35 ans de mandat, il ne se représentera pas aux élections européennes. "Députés, qui êtes restés aveugles, sourds et muets, la postérité vous maudira", a-t-il dit, dénonçant les migrants comme "une terrible menace sur notre indépendance, nos libertés et notre survie", avant de lancer un vibrant "il n’y a pas de nation européenne".

Le lendemain, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, figure de proue des démocrates chrétiens (PPE), affirmait que "l’Europe ne sera jamais un État" et plaidait pour un "patriotisme responsable". Telle l’ambiguïté des dirigeants européens qui incorporent en douce le discours nationaliste et certaines de ses icônes, comme Alexandra Mussolini ou Viktor Orban. Sans jamais aller au bout du rêve de Robert Schumann et Jean Monnet, la création d’une fédération européenne effaçant les divisions nationales au bénéfice d’une Europe adaptée à une société globale et à ses défis. La nation, son drapeau, ses guerres, ses légendes du passé, sont une drogue dure, facile à écouler en temps électoral. Si on n’y prend garde, elle sera aussi sa fin.

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