Le nouveau défi de l'indépendantisme catalan: éviter la radicalisation

©REUTERS

L’indépendantiste catalan s’est toujours targué d’être un mouvement pacifiste. Mais un courant radical, responsable des débordements qui ont lieu depuis le début de la semaine, risque de tout remettre en cause.

Ce jeudi, pour le quatrième jour consécutif, les rues du centre de Barcelone, ainsi que de nombreuses localités catalanes, ont à nouveau été envahies par les militants sécessionnistes.

Rien de plus difficile ces derniers jours pour les dirigeants séparatistes que de défendre les manifestations contre le verdict de la Cour Suprême, qui a condamné lundi les principales figures du mouvement à de lourdes peines de prison pour la tentative de sécession de 2017, et de condamner, en même temps, les débordements de petits groupes de militants qui veulent exprimer leur "colère" contre la décision de la justice espagnole.

Ce jeudi au Parlement régional, le président catalan Quim Torra a de nouveau revendiqué le droit de la Catalogne à l’autodétermination et demandé qu’un projet d’instauration d’une "république catalane" soit rédigé d’ici le printemps prochain. Le responsable séparatiste a souhaité que la région devienne indépendante d’ici la fin de 2021.

"Il n’y a aucune raison ni justification au vandalisme."
Quim Torra
Président catalan

Preuve des dissensions croissantes au sein du mouvement indépendantiste, l’initiative n’a pas été bien reçue par ses partenaires au gouvernement, la Gauche Républicaine (ERC). "Ce n’est pas le moment de fixer des dates mais de prendre des forces", lui a répondu le porte-parole de la formation, Sergi Sabria. Même le parti ultra-séparatiste CUP (Candidature d’Unité Populaire) a critiqué l’annonce de Quim Torra, estimant que ce n’était pas le moment.

Dans la nuit du mardi, le président catalan a appelé au calme les manifestants qui continuaient de saccager Barcelone. "Cela doit cesser tout de suite. Il n’y a aucune raison ni justification au vandalisme", a déclaré le responsable séparatiste lors d’une brève allocution sur la chaîne de télévision locale TV3. Il a nuancé ses propos en réaffirmant que le mouvement indépendantiste n’avait "jamais été violent" et en rejetant la responsabilité des incidents sur le dos "d’infiltrés et de provocateurs".

"Nous allons moduler notre réponse en fonction de l’attitude et des décisions que prendront les responsables du gouvernement régional catalan."
Pedro Sanchez
Premier ministre

À Madrid, le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, ne prévoit pas de mettre en place des mesures de sécurité exceptionnelles, tout du moins pour l’instant. "Nous allons moduler notre réponse en fonction de l’attitude et des décisions que prendront les responsables du gouvernement régional catalan", a dit Sanchez.

Tout en répétant qu’aucune mesure n’était à exclure, le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska a assuré disposer de "prévisions raisonnables du fait que cela ne va pas continuer, que la sécurité et la tranquillité de Barcelone et des villes catalanes vont se rétablir immédiatement".

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