Le nouveau gouvernement français attendu ce lundi

Jean Castex compte prononcer son discours de politique générale avant la mi-juillet. ©Photo News

Une vingtaine de ministres, de "nouveaux talents" et des personnalités "venues d'horizons différents": la composition du gouvernement de Jean Castex, successeur d'Edouard Philippe, sera connue ce lundi. Et le président Macron s'exprimera le 14 juillet.

La France attend. Elle a son nouveau Premier ministre, dont la composition du gouvernement est attendue ce lundi. C'est qu'Emmanuel Macron doit reprendre la main, après la déroute des municipales... Le président s'exprimera le jour de la fête nationale du 14 juillet, "probablement dans le cadre d'un entretien à la télévision", a indiqué son entourage, renouant avec une tradition présidentielle qu'il avait lui-même supprimée. Il compte préciser les grandes lignes de sa politique, à deux ans de la présidentielle de 2022.

Le nouveau Premier ministre fera sa déclaration "quelques jours après".

"Je ne crois pas au consensus mou"
Jean Castex
Premier ministre français

Selon l'Elysé, la nouvelle équipe sera annoncée lundi, avec "une vingtaine de ministres et de ministres délégués". Selon un proche du chef de l'Etat, l'annonce devrait se faire "en deux temps", d'abord les ministres, puis les secrétaires d'État. L'entourage du chef de l'Etat a assuré qu'il y aurait "de nouveaux talents" et "des personnalités venues d'horizons différents".

Avec un appui socialiste? Ou...

L'ex-ministre socialiste et ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal a assuré avoir été contactée samedi, ajoutant qu'une participation à ce gouvernement n'aurait de "sens" que si elle pouvait mener une politique "plus sociale, plus écologiste, plus démocratique". Face au démenti d'une source proche du chef de l'Etat, elle a fourni des échanges SMS qu'elle dit avoir eu avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. La patronne des députés socialistes Valérie Rabault, également contactée selon elle, a souligné que "la réponse est non", car "un débauchage ne constitue pas une politique". Et si des socialistes entraient au gouvernement, "ils s'inscriraient en dehors du parti".

Chez Les Républicains, le vice-président Gilles Platret a aussi appelé à dire "non" à toute proposition, pour "ne pas se renier".

Deux défis

La France "se retrouve face à deux défis": "la crise sanitaire" et "la reconstruction de notre économie et la protection des Français", selon Castex. L'objectif n'est pas "simplement d'agir sur le court terme" pour "éviter le maximum de licenciements": il faut aussi regarder "comment on peut assurer le fondement d'une relocalisation, d'un maintien durable des emplois industriels et exposés à la concurrence" internationale en France, explique-t-il.

Jean Castex affirme aussi vouloir s'attaquer rapidement aux dossiers sensibles, comme celui des retraites, qui a donné lieu à des mois de conflit social. Il entend le régler "à court terme", avec, "a minima, un nouvel agenda social". Quant au Ségur de la Santé, suspendu en fin de semaine faute d'accord avec les syndicats avant le remaniement, il souhaite le conclure "la semaine prochaine", alors qu'une enveloppe de sept milliards d'euros est sur la table pour les salaires des soignants.

La méthode Castex, selon lui-même

Sa méthode ? Le dialogue social et s'appuyer sur les élus locaux. Mais il avertit: "je ne crois pas au consensus mou". Après la forte percée verte aux municipales, l'écologie n'est "pas une option" mais "une obligation", répète aussi Jean Castex, qui veut "accélérer" les décisions. A ceux qui le voient comme un simple exécutant, Jean Castex répond lui que le chef de l'Etat ne veut pas faire de lui "un subordonné voué aux tâches secondaires", et que sa "personnalité n'est pas soluble dans le terme de collaborateur".

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