"Le Parlement européen est ridicule" ou la révolte de Juncker

Jean-Claude Juncker s'est énervé devant un hémicylce presque vide. ©REUTERS

Devant un hémicycle quasi vide, le président de la Commission européenne s'en est pris aux eurodéputés, les qualifiant de "ridicules". Le président de l'Assemblée Antonio Tajani lui a répondu, furieux.

"Le Parlement européen n’est pas sérieux et je voulais lui dire aujourd’hui". Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, s’est étranglé ce mardi matin à Strasbourg devant un hémicycle vide, alors que le Premier ministre de Malte Joseph Muscat venait de dresser le bilan de six mois de présidence du Conseil.

Jean-Claude Juncker "Le Parlement européen est ridicule"

"Le Parlement européen est ridicule, très ridicule", a-t-il dit, face à une trentaine de députés, certains révoltés d’autres amusés par la sainte colère. "Vous êtes ridicules", a-t-il répété. Pour M. Juncker, ces absences sont un manque de respect des eurodéputés à l’encontre du petit pays, selon M. Juncker. "Si Monsieur Muscat (Premier ministre de Malte) était Madame Merkel, Monsieur Macron, ce serait full house", a-t-il ajouté.

"Le Parlement est totalement ridicule"
Jean-Claude Juncker
président de la Commission européenne

"Utilisez un langage différent, nous ne sommes pas ridicules", répliqua vertement le président du Parlement, Antonio Tajani. L’Italien tenta de raisonner le Luxembourgeois, mais ce dernier reprit ses vitupérations de plus belles, en tapant sur son bureau, emporté par sa révolte. A force, les mots finissent pas sortir.

"Juncker a tapé un peu fort, mais sur le fond, il a raison. Quand un chef de gouvernement prend la peine de venir s'exprimer au Parlement, la moindre des choses est d'être présent, au moins lorsqu'on est chef de groupe".
Philippe Lamberts
co-président des Verts au Parlement européen

"Le Parlement est totalement ridicule", s’est encore exclamé encore Jean-Claude Juncker. Le président de la Commission prit tout de même la peine de remercier les députés et le seul chef de groupe présents, l’écologiste Philippe Lamberts, hilare. "Juncker a tapé un peu fort, mais sur le fond, il a raison. Quand un chef de gouvernement prend la peine de venir s'exprimer au Parlement, la moindre des choses est d'être présent, au moins lorsqu'on est chef de groupe".

Difficile de contredire Jean-Claude Juncker, tant il est habituel de voir l’enceinte vide de ses 750 députés, tous "en réunion importante". C’est parfois vrai, il est difficile d’assister aux commissions parlementaires et à la plénière. Mais l’absentéisme est hélas devenue un fait observable au Parlement européen, tout aussi inexcusable que récurrent.

Ce n'est pas la première fois que le comportement du président de la Commission européenne défraye la chronique. Lors d'un sommet européen en 2015, Juncker avait annoncé l'arrivée de Viktor Orban par un "Le dictateur arrive" et embrassé Charles Michel sur le crâne pour le saluer.

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