analyse

Le Parti démocrate italien prêt à former une coalition avec le M5S

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Le Président italien a débuté, mercredi, ses consultations avec l’ensemble des représentants de partis. L’échiquier institutionnel du pays étant totalement bouleversé, la tâche, particulièrement difficile, vise un double objectif: former un nouvel exécutif, et dans les plus brefs délais.

Le destin politique italien se joue désormais dans les somptueuses pénombres du Palais du Quirinal, à Rome. Le président de la République, Sergio Mattarella, tel un arbitre éclairé et impartial, a commencé, mercredi après-midi, un marathon consultatif par lequel il se confrontera avec tous les représentants des forces politiques en jeu. Son objectif est double: réussir à doter le pays d’un nouvel exécutif potentiellement durable et solide, et le faire dans les plus brefs délais.

La tâche s’annonce, toutefois, très ardue. La récente implosion gouvernementale a provoqué un irrémédiable morcellement de l’échiquier institutionnel de la péninsule, éloignant des alliés qui s’étaient juré fidélité et rapprochant des familles politiques historiquement antagonistes. Dans ce psychodrame national, le vrai perdant semble être, pour l’instant, l’homme fort de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini. Se présentant comme une victime, voire un martyr, il a déclaré hier un amour tardif à son ancien allié trahi, le Mouvement 5 étoiles (M5S).

Deux galaxies très éloignées

En citant Proust, Salvini a ainsi déclaré: "Bien souvent, pour découvrir que nous sommes amoureux, il faut qu’arrive le jour de la séparation." Le M5S, toutefois, regarde déjà ailleurs et la surprenante alliance avec le Parti démocrate (PD), première force du centre gauche, proposée par l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, semble soudain moins improbable qu’au début.

Le Parti Démocrate a dévoilé les cinq conditions que le parti pose au M5S pour une éventuelle aventure gouvernementale conjointe, le respect de l’allégeance à une Europe unie étant la condition première.

Suite à une délicate réunion d’état-major du PD, son secrétaire Nicola Zingaretti, a dévoilé mercredi les cinq conditions que le parti pose au M5S pour une éventuelle aventure gouvernementale conjointe, le respect de l’allégeance à une Europe unie étant la condition première.

Déboussolé par l’échec de ses 445 jours au pouvoir, le Mouvement réserve sa réponse et dit vouloir attendre la fin des consultations avec le chef de l’Etat. Malgré toutes les tentatives de rapprochement possibles, le PD et le M5S demeurent, en effet, deux galaxies politiques très éloignées et divergent déjà sur le destin de l’ancien Premier ministre Conte. Le M5S souhaite, en effet, réserver une place de choix à cet avocat devenu, presque malgré lui, homme politique. Le PD de Nicola Zingaretti désire, au contraire, lancer à l’électorat un "message de vraie discontinuité" et entamer un nouveau parcours avec de nouveaux visages.

Dans ce psychodrame national, l’homme fort reste Matteo Salvini.

La péninsule se retrouve ainsi profondément divisée entre représentations politiques qui se cherchent et se recomposent, entre une sincère foi européiste et des relents europhobes, entre les équilibres de la haute politique et le populisme de la rue.

Et Salvini le sait bien. Mercredi, à Rome, il a organisé un bain de foule, devant la Chambre des députés, retransmis en direct sur sa page Facebook. Il en a profité pour réclamer à nouveau le retour immédiat aux urnes, présenter son programme électoral et annoncer un projet de manœuvre financière de l’ordre de cinquante milliards d’euros, proposant un considérable allégement de la pression fiscale et un grand programme d’investissements à l’échelle nationale.

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