Le patron du MES est assez optimiste

Klaus Regling ©AFP

La crise financière qui secoue la zone euro depuis plusieurs années est en voie de résolution, a affirmé mardi le patron du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling, tout en reconnaissant que ces indicateurs positifs ne s'étaient pas encore traduits par des améliorations pour les citoyens.

Klaus Regling, le patron du Mécanisme européen de stabilité (MES), s'est présenté mercredi devant la commission économique et monétaire du Parlement européen. Les députés ont pu questionner pour la première fois le chef de ce qu'on a appelé le "bazooka" anti-crise de la zone euro. L'intéressé s'est déclaré prêt à poursuivre ce "dialogue informel", tout en rappelant qu'il n'existait aucune obligation légale. Le MES n'est en effet pas une institution de l'UE, mais un mécanisme institué dans un traité distinct.

Le mécanisme de stabilité a déboursé depuis 2011 - y compris sous sa forme antérieure, FESF - 212 milliards d'euros pour la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et Chypre. La capacité de prêt restante est de 450 milliards, soit 90%, a affirmé M. Regling.

Les pays aidés ont tous accompli des progrès substantiels vers la sortie de crise. "Les progrès sont bien plus importants que le reconnaissent les médias et la population", a-t-il souligné. Ainsi, le Portugal a-t-il résorbé son déficit courant et même atteint le premier excédent commercial de son histoire. Quant à la Grèce, elle aurait mis en oeuvre plus de réforme qu'aucun autre pays de l'OCDE. L'Espagne, qui a emprunté au MES 41 milliards d'euros sur les 100 milliards mis à disposition, ne devrait pas solliciter davantage d'argent et sortir du programme sans encombres d'ici la fin de l'année.

M. Regling a toutefois jugé "pas sérieux" de prédire les modalités de sortie d'assistance pour le Portugal et l'Irlande, dont la situation sera débattue en novembre par les ministres de Finances de la zone euro.

La Grèce, elle, n'échappera pas à un nouvel allègement de sa dette, a-t-il par contre confirmé. Plusieurs années de récession ont en effet fait dérailler les prévisions sur la soutenabilité la dette publique grecque. M. Regling ne s'en montre pas particulièrement inquiet. Le MES permettra au pays de bénéficier de maturités longues avec des taux d'emprunt faibles. "D'une certaine manière, ce que nous faisons pour la Grèce, c'est créer des conditions japonaises", a-t-il dit, en référence à la dette très élevée mais soutenable de ce pays.

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