Le premier Airbus A400M belgo-luxembourgeois sera livré en 2020

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Les nouveaux avions de transport Airbus A400M arriveront à Melsbroek à partir de mai 2020. Ils remplaceront les neuf derniers C-130H Hercules, dont le dernier exemplaire sera retiré du service en janvier 2022.

Le premier des huit futurs avions de transport Airbus A400M belgo-luxembourgeois a franchi mardi une étape décisive dans son long processus d'assemblage, avec la jonction, dans une usine espagnole, des ailes et de la dérive au fuselage de l'appareil. Sa livraison est prévue l'an prochain.

Cet avion, qui porte le numéro de série MSN 104 (le 104e construit, sur les 174 commandés à ce jour par sept pays européens et la Malaisie), devrait voler dans les prochains mois sous les cocardes du Luxembourg, un pays qui ne dispose plus de force aérienne depuis le retrait de trois avions légers d'observation en 1953.

Le Grand-Duché a toutefois décidé en 2001 de s'associer à la Belgique et à six autres pays - mais le Portugal a quitté entre-temps ce projet déjà ancien lancé sous l'appellation d'"avion de transport du futur" (FLA) - pour l'achat d'un A400M, alias Atlas.

La jonction des ailes et du plan vertical au fuselage a eu lieu dans la gigantesque "Final Assembly Line" (FAL) d'Airbus à Séville (sud de l'Espagne), en présence du ministre belge de la Défense, Didier Reynders, et d'une délégation luxembourgeoise, a constaté sur place l'agence Belga.

Un nouveau hangar

Cet appareil doit être livré en mai 2020 à l'aéroport de Melsbroek, la partie militaire de Bruxelles-National. Il sera rejoint par les sept avions belges, pour un coût estimé à environ 1,2 milliard d'euros, sans compter la construction prochaine à Melsbroek d'un vaste hangar et d'un simulateur de vol belgo-luxembourgeois.

À ce jour, 77 A400M ont été livrés à six pays - cinq Européens (Allemagne, Espagne, France, Royaume-Uni et Turquie, ainsi que la Malaisie, qui en a reçu quatre exemplaires) -, a indiqué le responsable du site de Séville, Martin Armas.

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La construction d'un A400M, un appareil extrêmement complexe, requiert environ 24 mois, entre la production des premières pièces et la livraison de l'avion au client, expliquent les responsables d'Airbus. 

L'assemblage final a été confié à l'usine de Séville, située dans l'enceinte de l'aéroport civil de la capitale andalouse et dédiée aux avions militaires du constructeur européen. De nombreuses entreprises européennes sont impliquées dans la production de sous-ensembles, dont cinq Belges, ce qui représente près de 4,5% du total, selon Didier Reynders. 

Participation de l'industrie belge

Asco, Esterline, SABCA ainsi que Sonaca sont associées au programme depuis le début. Safran Aero Boosters (l'ex-Techspace Aero) participe, aussi à hauteur de 4%, au groupe de six motoristes européens chargés de la fabrication du puissant turbopropulseur TP400 qui équipe l'A400M.

La première pièce de fuselage du MSN 104 luxembourgeois avait ainsi été produite voici un an, le 17 mai 2018, à Brême (Allemagne). Et son premier vol n'est prévu que l'an prochain.

Le premier A400M belge, le MSN 106, devrait suivre, pour remplacer les neuf derniers C-130H Hercules, en service depuis 1972-1973. Les six autres livraisons s'étaleront jusqu'en 2023 (trois en 2021, autant en 2022 et le dernier en février de l'année suivante), selon un responsable du programme au sein de l'état-major de la Défense, le colonel Benoît Hanselme.

Plusieurs éléments de cet A400M, comme la pointe avant, fabriquée en France, et la dérive, étaient visibles dans l'usine Airbus, tout comme des appareils destinés à d'autres pays clients à divers stades d'avancement.

Le retrait du dernier C-130 - sur les douze acquis, plus un appareil d'occasion - est prévu en janvier 2022, soit après quelque 50 ans de service sous les couleurs belges, souvent dans des conditions difficiles. Un appareil bouclera à la mi-mai un an d'engagement au sein de la Mission de l'ONU au Mali, la Minusma. 

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Le ministre Reynders a salué la dimension européenne du projet A400M, lancé en décembre 2001, même s'il a connu des années de retard et d'importants dépassements de coûts, largement pris en charge par Airbus.

Le ministre de la Défense et des Affaires étrangères a aussi insisté sur la coopération bilatérale qui s'est ainsi établie avec le Grand-Duché - quatre pilotes luxembourgeois sont intégrés au 15e wing de transport aérien de Melsbroek dans l'attente de la livraison de "leur" avion, qui sera opéré en commun par les deux pays. Cette collaboration complète selon lui celle qui existe en matière navale avec les Pays-Bas et qui s'amorce avec la France en ce qui concerne le rééquipement de la composante Terre avec des blindés Griffon et Jaguar. 

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