Le Président Erdogan réclame le soutien de l'Europe et de l'Otan

De gauche à droite, le Président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil européen Charles Michel, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. ©AFP

Le Président turc Recep Tayyip Erdogan était à Bruxelles pour réclamer le soutien politique, financier et militaire des Européens. Pour l'Europe, toute nouvelle aide suppose que la Turquie empêche les migrants d'atteindre les frontières grecque et bulgare.

Le Président turc Recep Tayyip Erdogan était à Bruxelles lundi pour demander un soutien politique, financier et militaire aux autorités de l'Union européenne et de l'Otan.  

L'objectif était de rapprocher les deux camps sur la question migratoire, après que la Turquie ait renoncé fin février à appliquer le pacte migratoire conclu en 2016 avec l'UE, en raison du refus des Européens de l'appuyer dans son bras de fer militaire avec la Syrie et son allié russe dans la province d'Idlib. Depuis lors, des dizaines de milliers de migrants ont convergé vers les frontières grecque et bulgare.

Les Européens sont prêts à voir "comment mettre en œuvre les pièces manquantes de l'accord de 2016", a indiqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après la rencontre. Il s'agirait d'envisager un soutien financier supplémentaire à la Turquie pour l'aider à accueillir les migrants se trouvant sur son territoire.

Les Européens ont averti le Président Erdogan que toute nouvelle aide suppose que la Turquie rétablisse les contrôles à ses frontières. D'autres rencontres seront nécessaires.

"Notre position est claire, il est important de mettre en œuvre l'accord sur les migrants, ce qui veut dire que chacun doit appliquer sa part", a dit le président du Conseil, Charles Michel.

Ankara veut "un soutien concret"

"Nous attendons un soutien concret de la part de tous nos alliés dans le combat que la Turquie mène seule."
Recep Tayyip Erdogan
Président de la République de Turquie

Le Président Erdogan a également sollicité l'aide de l'Otan, dont la Turquie fait partie.

"Nous attendons un soutien concret de la part de tous nos alliés dans le combat que la Turquie mène seule", a lancé le Président turc après son entrevue avec le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

La Turquie a subi de lourdes pertes dans la poche d'Idlib (nord-est de la Syrie), où sont stationnés 12.000 militaires turcs. Depuis janvier dernier, la Syrie a lancé une offensive avec le soutien de son allié russe contre la province d'Idlib, où sont retranchés les derniers rebelles syriens et des djihadistes islamistes. Cette flambée de violence a provoqué une catastrophe humanitaire et l'exode de plus d'un million de personnes, piégées entre l'assaillant et la frontière turque. 

Ankara sollicite en vain l'appui de ses alliés européens, qui refusent de s'engager dans son aventure syrienne. Pour tenter de faire plier l'Europe, le Président Erdogan a ordonné l'ouverture des frontières, laissant passer des dizaines de milliers de migrants vers la Grèce et la Bulgarie, tandis que 1.700 réussissaient à passer et à se réfugier sur les îles grecques. Vendredi dernier, il relâchait un peu la pression en durcissant les contrôles sur la mer Égée. 

Pour rappel, Ankara et l'UE ont conclu un accord sur la migration en 2016 prévoyant que les migrants restent en Turquie, en échange d'une aide de 6 milliards d'euros versés par l'UE. La Turquie accueille plus de 3,6 millions de migrants sur son territoire en raison de la guerre en Syrie.

Exactions aux frontières

"Toute réponse doit être proportionnée, et toute violence excessive est inacceptable, il faudra des enquêtes."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé ce lundi que des enquêtes auraient lieu suite aux violences contre les migrants lors de leur arrivée aux frontières entre la Grèce et la Turquie. "Toute réponse doit être proportionnée, et toute violence excessive est inacceptable, il faudra des enquêtes", a-t-elle dit. La Commission devrait présenter en avril de nouvelles propositions sur l'asile et la migration. Ce lundi, le gouvernement allemand annonçait qu'une coalition d'États européens volontaires acceptait de prendre en charge 1.500 enfants en soutien humanitaire. 

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