Le Royaume-Uni en mode sortie de crise

La Reine s'est déplacée en véhicule motorisé, non en carrosse et seulement 74 personnes étaient présentes le long de son parcours à l'intérieur de la Chambre des Lords. ©Photo News

La Reine Elizabeth a ouvert la première session parlementaire de l'après-Brexit et de ce qui peut désormais être considéré comme l'après-pandémie. La prudence reste le maître-mot du programme élaboré par Downing Street.

Alors que pour la première fois depuis juillet dernier, aucun décès n'a été enregistré sur une période de 24 heures, le Discours de la Reine, mardi, a avant tout été celui d'une sortie de crise.

Le cérémonial a été réduit au strict minimum en raison des restrictions sanitaires, qui ne seront pas levées avant le mois prochain. Accompagnée par son fils Charles, la souveraine a fait sa première apparition publique notable depuis le décès du prince Philip le mois dernier. Elle s'est déplacée en véhicule motorisé, non en carrosse, et seulement 74 personnes étaient présentes le long de son parcours à l'intérieur de la Chambre des Lords.

Accompagnée par son fils Charles, la souveraine a fait sa première apparition publique notable depuis le décès du prince Philip le mois dernier.

L'heure est encore à la gestion de crise, aux soins sociaux de première nécessité. Les plaies sont encore trop sensibles – 127.600 morts depuis le début de la pandémie – et les incertitudes encore trop grandes. L'heure de la grande relance attendra.
"La priorité de mon gouvernement est d’assurer une reprise nationale, après la pandémie, qui rendra le Royaume-Uni plus fort, plus sain et plus prospère qu’auparavant", a déclaré la Reine. "Pour y parvenir, mon gouvernement améliorera les opportunités dans toutes les régions du Royaume-Uni, soutiendra les emplois, les entreprises et la croissance économique et s'attaquera à l'impact de la pandémie sur les services publics."

127.600
morts
Le Royaume-Uni recense 127.600 morts depuis le début de la pandémie.

Plusieurs mesures au programme

Un programme de 31 lois a été annoncé – certaines déjà en travaux depuis quelques semaines. La prudence du gouvernement est critiquée, y compris au sein du parti conservateur. Mais Boris Johnson n'a aucune raison de prendre des risques inconsidérés, cette gestion de sortie de crise ne pouvant s'inscrire que dans un temps long. Les récentes élections locales en Angleterre et en Écosse lui ont été favorables et à environ trois ans des prochaines élections générales, il n'a aucune raison de hâter le pas.

Un programme de 31 lois a été annoncé – certaines déjà en travaux depuis quelques semaines.

Parmi les mesures, une réforme importante de la réglementation sur l'aménagement du territoire, avec la suppression de certaines prérogatives des collectivités locales. La crise du logement a atteint un niveau critique depuis une dizaine d'années, avec des politiques qui ont surtout permis de renforcer le poids des banques dans l'accès au logement, avec des crédits toujours plus élevés.

Une loi donnera également plus de pouvoirs au gouvernement pour la gestion des services de santé, et pour fixer de nouvelles cibles en matière de pollution de l'air, de qualité de l'eau et de biodiversité.

"Des mesures seront proposées pour renforcer le gouvernement décentralisé au sein de l'Irlande du Nord et pour régler l'héritage du passé."
La Reine Elizabeth

Pressions unionistes

L'une des annonces les plus importantes concerne indirectement la situation actuelle en Irlande du Nord. "Des mesures seront proposées pour renforcer le gouvernement décentralisé au sein de l'Irlande du Nord et pour régler l'héritage du passé", a simplement lu la Reine. Les détails de ces mesures sont encore flous, mais elles visent à garantir que les soldats de l'armée britannique et groupes paramilitaires ne seront plus jamais poursuivis pour des faits antérieurs à l'accord du Vendredi Saint en 1998.

Le Sinn Féin et le DUP rejettent cette nouvelle approche de Londres visant à déjudiciariser les faits commis pendant les Troubles, au profit de l'"information" et de la "réconciliation".

La principale figure du DUP depuis cinq ans pourrait être remplacée par un unioniste plus dur, Edwin Poots.

Cette initiative n'est évidemment pas du tout anodine au regard des nouvelles crispations à Belfast. Alors que des pressions unionistes sont réapparues dans les ports douaniers pour contester le protocole nord-irlandais de l'accord du Brexit, la Première ministre Arlene Foster a démissionné la semaine dernière. La principale figure du DUP depuis cinq ans pourrait être remplacée par un unioniste plus dur, Edwin Poots, avec des conséquences potentielles sur le partage du pouvoir avec le Sinn Féin.

Le résumé

  • Le Discours de la Reine, mardi, a avant tout été celui d'une sortie de crise.
  • Pour la première fois depuis juillet dernier, aucun décès n'a été enregistré sur une période de 24 heures.
  • La prudence reste le maître-mot du programme élaboré par Downing Street.
  • Un programme de 31 lois a été annoncé – certaines déjà en travaux depuis quelques semaines.

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