"Le temps est venu pour que l'euro accroisse son rôle dans le monde"

Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis ©AFP

L'Europe veut renforcer le rôle de l’euro dans les échanges internationaux.

La Commission européenne a adopté ce mercredi des mesures pour renforcer le rôle de l’euro sur la scène internationale. "L’euro est plus fort que jamais. Mais le monde change, nous sommes témoins de l’affaiblissement du multilatéralisme", avertit Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne. "Le temps est venu pour que l’euro accroisse son rôle dans le monde."

L’euro, deuxième monnaie sur les marchés internationaux, est utilisé par 340 millions d’Européens dans 19 pays de l'UE, tandis qu’une soixantaine de pays dans le monde lient leur monnaie à l’euro. Mais depuis la crise économique, la monnaie européenne a perdu de la vitesse face au dollar.

En matière d’énergie, par exemple, 85% des échanges en Europe ont lieu en dollar. Pourtant, les hydrocarbures proviennent de Russie ou du Moyen Orient, et non des Etats-Unis. "L’euro pourrait faire beaucoup mieux", dit Pierre Moscovici, commissaire aux Affaires économiques, il pourrait "profiter de la force économique et commerciale de l’Europe".

Secteurs stratégiques

Concrètement, la Commission a adopté une recommandation qui appelle les États membres à promouvoir l’utilisation de l’euro dans les secteurs stratégiques, comme les matières premières.

"Pour certaines transactions, le coût d’utilisation du dollar est inférieur à celui de l’euro"
Pierre Moscovici
Commissaire aux Affaires économiques

"Pour certaines transactions, le coût d’utilisation du dollar est inférieur à celui de l’euro", résume Pierre Moscovici, "des mesures doivent être prises pour rendre l’euro plus attractif au niveau international".

L’objectif est de "réduire les coûts de l’euro pour les acteurs du marché", ajoute une source européenne. L’exécutif européen veut aussi encourager l’utilisation du "système de paiement transfrontalier immédiat en zone euro", le TIPS, lancé par la BCE la semaine dernière.

La Commission Juncker lancera aussi une consultation des acteurs du marché "dans les mois à venir" sur l’utilisation de l’euro, en particulier lors de l’importation de matières premières, gaz, pétrole, produits agricoles et dans l’aviation. Les résultats seront communiqués à l’été 2019.

L’exécutif européen attend beaucoup du parachèvement de l’Union économique et monétaire. Un accord, conclu lundi par les ministres des Finances, sur le renforcement de la zone euro, sera examiné lors du sommet européen de jeudi et vendredi prochains. Mais cet accord est plutôt modeste en raison des blocages de l’Allemagne et des Pays-Bas, entre autres. Les grands argentiers n’ont pu, par exemple, s’accorder sur la création d’un budget européen.

Par ailleurs, l’utilisation d’une monnaie sur la place internationale ne se décrète pas. "Nous ne donnons l’ordre à aucune entreprise d’utiliser l’euro", dit une source européenne, "le choix d’une devise plutôt qu’une autre est du ressort du marché".

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