Le variant indien inquiète les autorités britanniques

Le ministre britannique de la Santé, Matthew Hancock. ©EPA

Cette mutation représente près de 75% des nouveaux cas et provoque au moins deux fois plus d'hospitalisations que le variant du Kent. Seules deux doses de vaccins protègent suffisamment.

Il est encore trop tôt pour connaître l'ampleur de la troisième vague pandémique qui risque de s'abattre sur l'Europe cet été. Mais les dernières données sur le variant indien, renommé delta, livrent une vision glaçante de la tragédie sanitaire qui se produirait actuellement si des vaccins n'avaient pas été créés l'hiver dernier. Selon des analyses de Public Health England, le risque d'hospitalisation 14 jours après une infection est ainsi 2,61 fois plus élevé que pour le variant du Kent (alpha), après la prise en compte de l'âge, des facteurs démographiques et des statuts vaccinaux. La transmissibilité est également plus rapide, comme l'indique le taux d'infection dans les écoles. Elle serait 30% à 100% supérieure à celle du variant alpha.

Protection beaucoup plus lente

La protection offerte par les vaccins est comparable à celle des mutations précédentes, mais beaucoup plus lente. Les premières données, qui doivent être affinées, suggèrent que la protection n'atteint que 33% trois semaines après une première dose de Pfizer ou d'AstraZeneca. Elle atteignait 50% pour le variant alpha.
Une étude du Francis Crick Institute du National Institute for Health Research (NIHR) indique par ailleurs que le volume d'anticorps produits par le vaccin Pfizer face au variant delta est cinq fois inférieur à celui produit pour cibler la première souche. Après la première dose, seules 32% des personnes ont développé une réponse neutralisante, contre 50% face au variant alpha, et 79% face à la première souche apparue l'an dernier.

Selon la chercheuse Emma Wall, qui a pris part à cette étude, "nos résultats suggèrent que la meilleure façon de réduire le nombre d'hospitalisations est d'injecter des secondes doses rapidement, ainsi que des boosters pour les personnes qui n'auront pas une immunité suffisante". Le Royaume-Uni a d'ores et déjà accéléré le rythme pour les plus de 50 ans, en espérant les vacciner totalement d'ici la mi-juin. L'injection de la seconde dose, qui était réalisée dans un intervalle de douze semaines pour maximiser l'efficacité face à la première souche et au variant alpha, a ainsi été ramenée à huit semaines.

"Nos résultats suggèrent que la meilleure façon de réduire le nombre d'hospitalisations est d'injecter des secondes doses rapidement."
Emma Wall
Chercheuse britannique

Selon Sciensano, le variant delta est encore peu présent en Belgique (1,3% de l'ensemble des cas), mais de nombreux clusters ont été repérés. Le niveau actuel de circulation par rapport à l'ensemble des cas correspond à celui du Royaume-Uni au début du mois d'avril. D'ici deux mois, la Belgique devrait avoir atteint un niveau de vaccination comparable à celui du Royaume-Uni aujourd'hui (39,5% de Britanniques entièrement vaccinés, contre 20,4% de Belges), ce qui devrait permettre d'éviter le pire.

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Selon Sciensano, le variant delta (indien) est encore peu présent en Belgique (1,3% de l'ensemble des cas), mais de nombreux clusters ont été repérés.

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