Le Wuhan allemand, laboratoire de la sortie de crise

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Heinsberg, dans les environs de Düsseldorf, est le "Wuhan allemand". Cette petite bourgade compte 1.200 personnes infectées. Une équipe d’épidémiologistes y enquête pour développer des scénarios de sortie de crise pour l’ensemble du pays.

Le 15 février, Heinsberg devenait l’épicentre du coronavirus en Allemagne. Dans le sillage de festivités du carnaval, le service des urgences de l’hôpital local recevait son premier patient corona, un homme de 47 ans, testé positif et placé en soins intensifs. La ville de 250.000 habitants – qui compte officiellement 1.287 personnes infectées, 34 morts et 554 personnes guéries – était aussitôt placée en quarantaine. "Nous sommes devenus les pestiférés de l’Allemagne", se souvient Stephan Pusch, le préfet élu de la commune. Aujourd’hui, le pic de contamination est passé dans la région de Heinsberg et la ville a pris des allures de laboratoire grandeur nature de la sortie de crise pour l’ensemble du pays.

"Heinsberg nous offre une chance unique de retracer la façon dont le virus s’est diffusé."
Hendrick Streeck
Directeur du service d’épidémiologie de l’hôpital de Bonn

Depuis le week-end, une équipe d’épidémiologistes est sur place pour reconstituer les voies de diffusion du virus. "Heinsberg nous offre une chance unique de retracer la façon dont le virus s’est diffusé, car nous savons exactement quand et comment il est arrivé dans la ville", explique Hendrick Streeck, qui dirige le service d’épidémiologie de l’hôpital de Bonn. Un échantillon de 1.000 personnes qui seront toutes testées permettra enfin de connaître les ombres de la pandémie, notamment le nombre de porteurs sains ainsi que le nombre de personnes immunisées. "L’objectif est de déterminer quelles mesures de confinement il faudra conserver pour ne pas relancer une chaîne de contamination", précise  Stephan Pusch.

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Le facteur "fête" doit tout particulièrement être étudié, alors que l’Allemagne envisage un retour progressif à la normale – sans grands événements festifs dans un premier temps – vers la fin avril. Les chercheurs sont convaincus que le rôle du carnaval a été déterminant dans l’épidémie de Heinsberg, tout comme les soirées bien arrosées après le ski dans la station autrichienne d’Ischgl, autre facteur responsable d’une grande partie des contaminations en Allemagne. "Nous voulons voir en quoi ces fêtes sont un facteur d’accélération de la diffusion du virus, pourquoi certaines personnes y ont été contaminées et d’autres pas, précise Hendrick Streek. Et voir comment la propagation se poursuit dans les familles." De premiers résultats devraient être disponibles dès la semaine prochaine.

L’étude est financée par le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, dirigé par le conservateur Armin Laschet, un des candidats à la succession d’Angela Merkel. "Nous devons voir quelles mesures affectant la vie des citoyens sont pertinentes du point de vue épidémiologique et lesquelles ne le sont pas", souligne Armin Laschet, qui a pris la tête du débat qui réclame un retour rapide à la normale en Allemagne pour sauver l’économie du pays.

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