Les accusations de viol à l'encontre d'Assange classées sans suite en Suède

Julian Assange, actuellement détenu en Grande-Bretagne, a toujours nié les accusations portées contre lui en 2010. ©AFP

Faute de preuve, le parquet suédois abandonne les poursuites pour viol contre Julian Assange, le fondateur de Wikileaks accusé par une femme de l'avoir agressée en Suède en 2010.

Les accusations de viol à l'encontre de Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, ne donneront lieu à aucune procédure judiciaire en Suède, indique la procureure générale adjointe, Eva-Marie Persson. Elle a convoqué la presse pour dire qu'elle "arrête l'enquête préliminaire". "Tous les actes d'enquête ont été épuisés (...) sans apporter les preuves requises pour une condamnation", a-t-elle ajouté.

"Tous les actes d'enquête ont été épuisés (...) sans apporter les preuves requises pour une condamnation."
Eva-Marie Persson

L'informaticien australien de 48 ans, actuellement détenu en Grande-Bretagne, a toujours nié les accusations portées contre lui en 2010. Si la partie civile ne fait pas appel de cette décision, près de dix années de procédure se concluront par un constat d'échec pour la justice suédoise qui ne sera pas parvenue à faire comparaître Julian Assange, réfugié depuis 2012, et jusqu'à son arrestation en avril dernier, à l'ambassade d'Equateur à Londres.

Éléments de preuve affaiblis 

"Beaucoup de temps s'est écoulé depuis les faits avec pour conséquence d'affaiblir les éléments de preuve (...) au point que j'ai décidé de classer l'enquête sans suite", a précisé la procureure Persson. "Tous les actes d'enquête ont été épuisés (...) sans apporter les preuves requises pour une condamnation" alors que les faits seront prescrits le 17 août 2020, a-t-elle encore souligné. 

Agée d'une trentaine d'années à l'époque des faits, la plaignante suédoise accuse l'Australien d'avoir engagé un rapport sexuel pendant qu'elle dormait et sans préservatif, alors qu'elle lui avait refusé tout rapport non protégé à plusieurs reprises. Julian Assange, qu'elle avait rencontré à Stockholm lors d'une conférence de WikiLeaks, a toujours soutenu qu'elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif. 

Assange n'en a pas fini avec la justice 

L'enquête suédoise avait été classée une première fois en 2017 faute d'entrevoir la sortie de Julian Assange de l'ambassade équatorienne avant la prescription des faits, mais rouverte en mai dernier après son interpellation par la police britannique le 11 avril. Détenu dans une prison de Londres, il est sous la menace d'une extradition vers les États-Unis où il encourt une peine allant jusqu'à 175 ans d'emprisonnement pour espionnage.

Les autorités américaines lui reprochent d'avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la publication en 2010 de 250.000 câbles diplomatiques et d'environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan. 

Le Rapporteur de l'ONU sur la torture Nils Melzer a fait part de son inquiétude sur l'état de santé de Julian Assange, affirmant que "sa vie était désormais en danger" et son père John Shipton a affirmé début novembre que son fils "risquait de mourir en prison". Lors d'une audience devant la justice le 21 octobre à Londres, Assange est apparu confus et bredouillant. L'audience sur la demande d'extradition doit se tenir en février. 

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