Les autoroutes françaises encore plus chères cet été

L’Autorité de la concurrence assimile la rentabilité des sociétés autoroutières à "une rente" ©BELGAIMAGE

Le gouvernement devrait suivre les conclusions du rapport parlementaire favorable aux concessionnaires d’autoroutes. Avec à la clé une hausse des prix aux péages dès le 1er juin.

Encore un dossier qui fait Pschitt! Le gouvernement se garde bien d’annoncer sa décision sur l’avenir des concessions et des péages autoroutiers avant les élections départementales du 22 et 29 mars. Mais celle-ci ne fait guère de doute depuis la publication, mardi, du rapport du groupe de travail parlementaire créé pour l’occasion.

Ce groupe, formé de quinze parlementaires de la majorité et de l’opposition, n’a vraisemblablement pas eu les moyens de ses ambitions et a pondu un rapport bien consensuel, pour ne pas dire favorable aux intérêts des concessionnaires d’autoroutes.

• Aucune remise à plat

Enterrée l’idée initiale de réviser ou résilier les contrats! Oublié le gel des tarifs des péages imposé fin janvier en grande pompe par un Manuel Valls défenseur des automobilistes! Loin des objectifs fixés au départ par le Premier ministre assurant "la nécessité de remettre à plat les concessions autoroutières privatisées en 2006 par le gouvernement Villepin", le rapport balaie d’un revers de la main toute renationalisation.

Résilier les contrats des 7 sociétés privées concessionnaires (ASF, Escota, Cofiroute, APRR, Area, Sanef et SAPN) reviendrait à leur verser entre "40 à 55 milliards d’euros" d’indemnités. Une somme impossible à régler compte tenu de l’état des finances publiques et qui nécessiterait en outre d’en répercuter le montant par une hausse des tarifs autoroutiers… Un comble!

• 15.000 emplois promis

3,2 milliards
le montant en euros prévu par le plan d’investissement dans les infrastructures et la création d'emplois

En réponse, le rapport préconise de "mettre en œuvre sans délai le plan de relance" négocié par les concessionnaires avec l’État en 2013. Approuvé depuis six mois par la Commission européenne, ce plan prévoit 3,2 milliards d’investissement dans les infrastructures et la création de 15.000 emplois par ces sociétés en échange d’un rallongement substantiel de la durée de leurs concessions…

Or, ce plan de relance a été justement remis en question en septembre dernier par la publication d’un rapport alarmant de l’Autorité de la concurrence, assimilant la rentabilité des sociétés privées d’autoroutes à "une rente" et pointant du doigt leur marge moyenne annuelle de plus de 20%. Créant un psychodrame national, ces conclusions avaient conduit la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, à solliciter la gratuité de ces autoroutes le week-end avant d’appeler au gel pur et simple de leurs tarifs et à l’intervention d’un groupe de travail parlementaire.

Bref, en prônant l’application du plan de relance, les parlementaires donnent droit aux demandes de prorogation des concessionnaires sans "remettre à plat" les conditions contractuelles et tarifaires en place. Reste plus qu’à espérer que les sociétés d’autoroutes, qui ont maintenant le droit pour elles, ne réclament pas le remboursement du manque à gagner lié au gel depuis deux mois de leurs tarifs!

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