Les chefs cab' de la Commission Juncker à la mer

L'hôtel La Réserve de Knokke-Heist, où se sont réunis les chefs de cabinet des vingt-huit commissaires européens. ©jonas lampens

Budget européen, Brexit, défense, avenir de l’UE… Les sujets de discussion n’ont pas manqué pour les chefs de cabinet des 28 commissaires européens réunis dans un hôtel à Knokke-Heist.

Rien de tel que l’air iodé de la Côte et ses plages de sable fin pour vivifier les neurones d’un chef de cabinet, même si le soleil y est, comme l’issue d’une réunion européenne, le plus souvent imprévisible. Les "éminences grises" des 28 commissaires européens ont pris le bus lundi matin, direction Knokke-Heist, pour deux jours de réflexion sur le budget de l’UE et l’avenir de l’Europe.

L’exercice avait eu lieu à l’hôtel La Réserve, situé en face du casino, sans qu’il faille y voir une quelconque coïncidence avec les thèmes de réflexion.

L’invitation était écrite de la main de Martin Selmayr, le nouveau secrétaire général de la Commission, dont la nomination éclair a suscité bien des controverses.

Celui qui fut durant ces quatre dernières années le sherpa, le "spin doctor" et l’ami de Jean-Claude Juncker est désormais le seul des hauts conseillers de l’exécutif européen dont la survie aux élections de 2019 est garantie. Pour un certain temps, du moins.

Selon ce programme consulté par L’Echo, la première journée fut consacrée au budget, sous la houlette du commissaire au Budget Günther Oettinger, et la seconde, cornaquée par le vice-président Frans Timmermans, à l’avenir de l’Europe.

"Faire moins, mais avec plus d’efficacité"

Ce mardi matin, "les chefs de cabinet ont discuté des priorités à mettre en œuvre d’ici la fin du mandat, comme les questions liées à l’État de droit, et aux dernières propositions de cette Commission attendues pour septembre", dit une source de la Commission.

La seconde partie de la journée a été consacrée à l’avenir de l’Union européenne post-Brexit, un vaste débat lancé l’an dernier dans un livre blanc sur l’avenir de l’Europe. Quel sera le futur modèle européen? Sur les cinq scénarios proposés par la Commission Juncker, un seul sort désormais du lot: "faire moins, mais avec plus d’efficacité".

L’UE devrait réduire ses interventions dans les domaines n’ayant pas de valeur ajoutée et les recentrer sur les domaines qu’elle choisit, comme la lutte contre le terrorisme.

Sur les cinq scénarios d’avenir de l’UE proposés par la Commission Juncker, un seul sort désormais du lot: "faire moins, mais avec plus d’efficacité".

La journée de lundi fut consacrée à la proposition de la Commission sur le futur budget de l’UE, qui sera présentée la semaine prochaine. Comment financer les nouvelles priorités, comme la défense et l’approfondissement de la zone euro, après que le Royaume-Uni, un important contributeur, a quitté l’Union? Des discussions très dures se profilent entre les États européens, certains contributeurs nets n’ayant nulle envie d’apporter un euro de plus au budget (Pays-Bas, Autriche, Danemark).

Des efforts seront demandés à chaque département, tandis que les fonds de cohésion à destination des pays de l’Est de l’UE seront rabotés. Les subventions aux grandes exploitations agricoles devraient aussi subir des coupes sombres.

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