Les concessions d'Emmanuel Macron virent au casse-tête économique

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Le déficit public pourrait dépasser les 3% du PIB si rien ne vient compenser "l'addition" des gilets jaunes.

La France va devoir faire preuve de créativité financière si elle veut amortir le coût des mesures décidées par Emmanuel Macron afin d'amoindrir la contestation des gilets jaunes. Car la note sera salée. La combinaison de l'annulation de la hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) pour les retraites inférieures à 2.000 euros, de la hausse du SMIC (salaire minimum) dont le véhicule sera un grossissement de la prime d'activité, de la défiscalisation des heures supplémentaires et de la prime de fin d'année versée de façon discrétionnaire par les employeurs, pourrait coûter, selon les services du ministère de l'Economie et des Finances, entre 8 et 10 milliards d'euros.

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milliards
Si la croissance devait fléchir l'année prochaine, le solde total serait proche de 12 milliards.

Et sans doute s'agira-t-il de la fourchette haute, l'une des variables étant l'annulation de l'augmentation de la taxe carbone sur les carburants prévue pour le premier janvier. A lui seul, ce "cadeau" occasionnerait une perte de 4 milliards d'euros pour les caisses de l'Etat. Mais le décalage avec ce qui était prévu et ce qui sera in fine comptabilisé sur l'exercice budgétaire 2019 pourrait également se compliquer si la croissance du PIB faiblit.

Ce qui est déjà le cas avec un manque à gagner de 0,1 à 0,2% de croissance dû aux effets collatéraux sur l'économie du mouvement des gilets jaunes. Si la croissance devait fléchir l'année prochaine, le solde total serait proche de 12 milliards.

Economies

Ainsi, si les ingénieurs de Bercy ne trouvent pas des mesures compensatoires, le déficit 2019 pourrait crever le plafond des 3% du PIB. Alors que le gouvernement s'était attaché à fixer une ligne de pente ramenant la France à l'équilibre en 2022. Un certain fatalisme sur la question semble prévaloir dans la majorité car faute de retour au calme chez les gilets jaunes, le déficit pourrait également se creuser en affectant durablement le PIB.

C'est pourquoi Emmanuel Macron n'a pas évoqué la nécessité de mesures d'économies au hasard. Ce qui pourrait conduire le gouvernement à réduire le train de vie de l'Etat et sacrifier certaines dépenses. Le parlement serait donc amené à valider ces choix avec le sentiment d'avoir un couteau sous la gorge.

D'autre part, dans son édition de ce mardi, le journal Le Monde faisait état de participations qui pourraient être réclamées aux grosses entreprises, lesquelles disposeront d'un ballon d'oxygène avec la remise en cause du crédit d'impôt en vigueur sous François Hollande (le CICE).

Quant au contribuable on peut se demander comment il serait amené à apporter son écot dans un contexte où la parole présidentielle s'est engagée sur une baisse rapide des impôts. Seuls les éléments de langage, qui restent à trouver, ne coûteront rien.

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