Les députés européens ne voteront pas l'accord sur le Brexit avant les Britanniques

Guy Verhofstadt, président du groupe de pilotage du Brexit pour le Parlement européen, insiste: la procédure de ratification de l'accord sur le Brexit ne débutera dans l'enceinte européenne "qu'après le vote britannique". ©REUTERS

Les députés européens n'ont pas l'intention de voter l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE avant que le Parlement britannique adopte l'accord lui-même. Un nouveau vote doit avoir lieu ce mardi à la Chambre des communes.

Les députés européens n'ont pas l'intention de voter l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) avant que le Parlement britannique ne se décide. C'est ce qui ressort d'un débat sur le dernier sommet européen et l'accord sur le Brexit, qui se tient ce mardi au Parlement européen à Strasbourg. "La procédure de ratification ne débutera ici qu'après le vote britannique" a insisté le libéral Guy Verhofstadt (Renew Europe), président du groupe de pilotage du Brexit pour le Parlement.

Le Brexit a été une perte de temps et d'énergie.
Jean-Claude Juncker
président de la Commission européenne

Dans dix jours, le 31 octobre, le Royaume-Uni doit en principe sortir de l'Union européenne. L'UE et le Royaume-Uni ont conclu un accord de sortie jeudi dernier. Leurs assemblées respectives doivent encore le ratifier. Convoqué samedi pour une séance exceptionnelle, le Parlement britannique n'a pu le ratifier. Les élus ont, au contraire, exigé du Premier ministre Boris Johnson qu'il demande à l'Europe un nouveau report de la date du Brexit pour leur laisser le temps d'examiner l'accord. 

Un nouveau vote a lieu ce mardi à la Chambre des communes sur l'accord.

Les regrets de Jean-Claude Juncker

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, dont le mandat s'achève fin novembre, est apparu amer devant les députés lors du débat. "La situation est complexe", a-t-il dit, précisant qu'il était occupé à consulter les dirigeants européens afin de prendre une décision sur la demande de report de la date du Brexit.

Allons prendre une tasse de café en attendant ce qui se passe à Londres, ou plutôt une tasse de thé.
Manfred Weber
Président du groupe du PPE au Parlement européen

"Le Brexit a été une perte de temps et d'énergie", a lancé, pour sa part, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, regrettant les années de négociations autour de la sortie du Royaume-Uni de l'Union. Le Luxembourgeois, véritable mémoire de l'UE, est, lui aussi, sur le départ. "C'est ma 147e session du Parlement européen, ou plutôt ma 148e, je n'arrive plus à compter" a-t-il dit, ému et fort applaudi.

"Je regretterai toujours la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne. Mais, au moins, nous pouvons nous regarder en face et dire que nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour s'assurer que ce départ est ordonné", a-t-il ajouté.

Pas avant Londres

"Allons prendre une tasse de café en attendant ce qui se passe à Londres, ou plutôt une tasse de thé", a ironisé Manfred Weber, le président du groupe du PPE (démocrates chrétiens), la plus grande famille politique du Parlement. 

"Nous ne pouvons pas prendre de décision au Parlement européen avant d'avoir celle du Parlement britannique", a surenchérit le Roumain Dacian Ciolos, chef de file des libéraux (Renew Europe).

"J'ai l'impression ici que c'est du déjà vu", a regretté le coprésident des Verts Philippe Lamberts. Si le Parlement britannique ratifie cet accord, "notre Parlement pourra faire son travail", a-t-il ajouté.

"Si le texte passe, cela donnera le signal que beaucoup attendent ici", a indiqué Geoffrey Van Orden (ECR) avant de conclure: "Laissons le Brexit se faire sans plus de délai".

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