Les dirigeants européens se réunissent dans "un contexte difficile"

Le président du Conseil européen, Charles Michel, se prépare à arbitrer un sommet difficile. ©AFP

Les chefs d'État ou de gouvernement européens se réunissent ces jeudi et vendredi dans un climat marqué par la reprise de la pandémie de coronavirus, le blocage des négociations sur le Brexit et des tensions autour du budget.

Brexit, Covid, budget, climat, Turquie, sanctions contre les régimes biélorusse et russe.... L'ordre du jour du sommet européen de ces jeudi et vendredi est des plus chargés. Pourtant, la teneur des débats reste incertaine. La réunion aura lieu en présentiel, mais, recrudescence du Covid oblige, les règles de distanciation les plus strictes seront d'application. Les débats seront compliqués à mener, d'autant que certains dirigeants pourraient être absents.

"Nous nous rencontrons dans un contexte difficile."
Charles Michel
Président du Conseil européen

"Nous nous rencontrerons dans un contexte difficile", a averti Charles Michel, dans sa lettre d'invitation. "Nous constatons une augmentation des infections de Covid et nous avons un certain nombre de questions urgentes à notre ordre du jour, y compris nos relations avec le Royaume-Uni."

Le Brexit dans l'impasse

Les négociations en cours sur la relation future entre l'UE et le Royaume-Uni n'avancent plus, alors que l'accord de retrait entre en vigueur le 1er janvier. Michel Barnier, le chef négociateur pour l'UE, fera rapport au Conseil européen. "Il y a des progrès sur certains dossiers, mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, en particulier sur la pêche, les conditions de concurrence et la gouvernance", dit un haut fonctionnaire européen.

"Qu'il y ait un accord ou pas sur la relations future, il y aura de sérieuses perturbations le 1er janvier".
Un diplomate européen

Les négociations sur la pêche sont particulièrement intenses, plusieurs États de l'UE souhaitant conserver un accès aux eaux britanniques. La question de la frontière irlandaise continue également à poser problème.

"Le manque de progrès inquiète les Européens", estime un diplomate européen, "le Conseil européen devrait appeler à accélérer d'urgence les préparatifs du retrait britannique. Qu'il y ait un accord ou pas sur la relation future entre l'UE et le Royaume-Uni, il y aura de sérieuses perturbations le 1er janvier."

Climat

Au cours du dîner, les discussions se concentreront sur le climat. Un accord a été conclu en décembre 2019 en vue d'atteindre la neutralité d'émissions de carbone en 2050, mais les moyens pour y arriver restent à définir. Les dirigeant n'entreront pas dans une négociation. "Je voudrais que nous ayons un débat constructif sur la question, afin de préparer le terrain pour un accord d'ici la fin de l'année", a indiqué Charles Michel.

État de droit

La question de l'État de droit constitue une autre question épineuse. Des négociations sont en cours entre le Conseil européen et le Parlement, sur le mécanisme qui permettra de lier le respect de l'État de droit au versement des aides dans le cadre du plan de relance. La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé mercredi qu'elle entendait évoquer le point lors du sommet, ce qui promet un bras de fer avec les deux pays les plus concernés, la Hongrie et la Pologne.

La crise du coronavirus sera débattue vendredi, dans un contexte marqué par la reprise de la pandémie en Europe. Plus question pour les Européens d'étaler leur manque de coordination, comme ce fut le cas au printemps dernier, mais il reste à voit comment ils concrétiseront cette volonté.

Les dirigeants discuteront également des questions géopolitiques, comme les sanctions contre la Biélorussie, suite à la répression brutale du régime. La Turquie continue à poser des problèmes à la Grèce et à Chypre en poursuivant le déploiement de navires de prospection dans leurs eaux territoriales, alors que le Conseil européen avait durci le ton contre Ankara jeudi dernier. En outre, la Turquie est accusée d'appuyer les attaques menées par l'Azerbaïdjan contre le Nagorny Karabakh. Des sanctions contre le régime turc pourraient être envisagées, en fonction de l'évolution de la situation.

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