Les élus européens cherchent leur place dans la mère des batailles budgétaires

Manfred Weber, le chef du groupe chrétien-démocrate (PPE), a regretté l'absence de Charles Michel.

Le Parlement européen sera-t-il plus qu’une chambre d’enregistrement pour l’adoption du prochain cadre budgétaire de l’Union? À une semaine d’un sommet décisif, l’assemblée cherche à tracer ses lignes rouges.

C’est la première volée de bois vert de Charles Michel. Le président du Conseil européen n’a pas fait le déplacement à Strasbourg pour débattre avec les eurodéputés du budget septennal de l’Union, une semaine avant une réunion des chefs de gouvernement qui ambitionne de trancher ce débat. "Il eut été heureux que Charles Michel soit présent aujourd’hui, qu'il soit à l'écoute", a lancé Manfred Weber, le chef du groupe chrétien-démocrate (PPE), suivi par de nombreux collègues.

Une majorité de ce Parlement européen, composé à 60% de nouveaux élus, ne peut pas être écartée d'un revers de la main.
Johan Van Overtveldt
Président de la commission des budgets (N-VA)

Ce n’est pas faute pour le Belge d’avoir débattu avec le groupe de députés qui planche sur le sujet. Mais la tension monte alors que s’accélère cette discussion déterminante: les eurodéputés craignent que les États ne s’enferment dans une discussion de "petits gestionnaires d’un syndicat de copropriétaires", pour reprendre l’image du député La France insoumise Younous Omarjee, en référence à la logique qui oppose contributeurs nets et bénéficiaires des programmes européens.

Or le Parlement s’inquiète de devoir porter de nouvelles ambitions - devenir le premier continent climatiquement neutre en 2050, se remettre à la pointe de la transition numérique, développer une défense européenne - sans moyens crédibles. "Une majorité de ce Parlement européen, composé à 60% de nouveaux élus, ne peut pas être écartée d'un revers de la main", a souligné le nationaliste flamand Johan Van Overtveldt, président de la commission des budgets. "Nous ne devons pas avoir peur d'aller au conflit", a plaidé de son côté le chef de file écologiste Philippe Lamberts.

Débordements

Nous ne devons pas avoir peur d'aller au conflit.
Philippe Lamberts
Président du groupe des verts au Parlement européen

Le Parlement demande un budget de 1,3% du revenu national brut alors que le dernier chiffre cité au Conseil est de 1,07%. Outre cet écart, le Parlement s’irrite de voir le Conseil entrer dans le détail des programmes pour trouver des carottes qui satisfassent chaque État membre. Or si le Parlement ne peut qu’accepter ou rejeter le cadre financier dans son ensemble – les plafonds de dépenses –, il est co-législateur sur la définition de ces programmes: "De facto, le Conseil essaye de nous priver de droits de codécision", s’irrite une source à l'administration du Parlement.

Pour briser la logique comptable des États membres, Commission européenne et Parlement insistent sur la mise en place de nouvelles taxes européennes, qui permettraient de réduire la part du budget financée par les trésors nationaux. Alors que Charles Michel devrait faire circuler ce week-end une nouvelle proposition, le scepticisme est grand sur la possibilité d’un accord final au conseil du 20 février.

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