Les entrepreneurs espagnols appelés à la rescousse

La ministre espagnole de l'économie, Elena Salgado, avec le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Le gouvernement socialiste espagnol a multiplié ces derniers jours les déclarations assurant que l'Espagne ne serait pas victime d'un effet de contagion face à l'Irlande. Le chef du gouvernement a quand même convoqué les dirigeants des 30 principales entreprises du pays pour tenter d'accélérer la sortie de crise.

Le secrétaire d'Etat espagnol à l'Economie, José Manuel Campa, a estimé, dans un entretien au journal El Pais, qu'"un abîme" séparait les situations économiques espagnole et irlandaise, tentant d'apaiser les inquiétudes des marchés de ces derniers jours.

"Sans aucun doute, un abîme nous sépare de l'Irlande", a-t-il déclaré, rappelant que l'Espagne est "un pays avec un bas niveau de dette publique, qui est dans un processus de consolidation fiscale qu'elle est en train de réaliser et qu'elle va terminer, qui vient d'approuver une réforme du marché du travail et des caisses d'épargne et qui va lancer une réforme des retraites et de la négociation collective".

Interrogé sur les tensions de ces derniers jours, qui ont fait baisser fortement la Bourse madrilène et renchéri le coût des émissions obligataires, M. Campa a jugé qu'il s'agissait de "turbulences à court terme, qui passeront". "Il ne faut pas sur-réagir face à ce qui s'est passé ces derniers jours", a-t-il estimé, "mais garder une ligne claire sur ce que nous devons faire".

Le gouvernement socialiste espagnol multiplie les déclarations assurant que l'Espagne ne serait pas victime d'un effet de contagion face à l'Irlande, après avoir souffert du plan de sauvetage de la Grèce au printemps.

Mais les experts pointent les faiblesses de son économie, avec une croissance nulle, un taux de chômage de 20% (le plus fort de la zone euro) et des réformes (du marché du travail, des caisses d'épargne...) jugées encore insuffisantes pour atteindre son objectif de réduction du déficit.

Appel aux entreprises

Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a convoqué pour samedi les dirigeants des 30 principales entreprises du pays afin d'analyser la situation de l'économie et tenter d'accélérer la sortie de crise, a annoncé mercredi le gouvernement.

Parmi les invités figurent les principales banques du pays, Santander, BBVA et Banco Popular, durement secouées par les turbulences boursières des derniers jours.
Les principales compagnies énergétiques sont également invitées, notamment le groupe énergétique Iberdrola, le fabricant d'éoliennes Gamesa, le groupe pétrolier Repsol-YPF ou le groupe d'électricité Endesa. Le secteur de la construction, particulièrement touché par l'éclatement de la bulle immobilière, sera entre autres représenté par les groupes de BTP Ferrovial, OHL et Sacyr-Vallehermoso.

Dans ce climat d'inquiétudes grandissantes, la Bourse de Madrid a ainsi clôturé mardi en baisse de 3,05%, dans le rouge pour la troisième journée consécutive et plus forte baisse en Europe.

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