Les eurodéputés réclament des sanctions contre les oligarques russes

Le dissident russe Alexeï Navalny continue à dénoncer le président russe Vladimir Poutine, malgré son arrestation à Moscou. ©EPA

Le Parlement européen veut de nouvelles sanctions contre la Russie après l'arrestation d'Alexeï Navalny. Mais les Vingt-Sept sont divisés sur cette question.

Suite à l'arrestation du dissident russe Alexeï Navalny, le Parlement européen a réclamé jeudi un renforcement du régime de sanctions contre la Russie. Dans une résolution adoptée à une large majorité (581 voix contre 50), les eurodéputés ont demandé aux dirigeants européens, réunis le soir même par vidéoconférence, de prendre position sur l’arrestation d’Alexeï Navalny afin de "renforcer sensiblement les mesures restrictives de l’Union à l’encontre de la Russie".

"La détention d'Alexeï Navalny à son arrivée à Moscou est inacceptable. J'appelle les autorités russes à le libérer immédiatement."
Charles Michel
Président du Conseil européen

Alexeï Navalny a été arrêté dimanche soir, alors qu'il avait décidé de rentrer en Russie, risquant sa propre vie, après avoir été empoisonné au Novitchok en août dernier et soigné à Berlin. Cette arrestation avait déclenché une vague d'indignation en Europe. "La détention d'Alexeï Navalny à son arrivée à Moscou est inacceptable. J'appelle les autorités russes à le libérer immédiatement", avait déclaré le président du Conseil européen Charles Michel.

Les dirigeants européens devaient aborder la question lors du sommet informel de jeudi. Ils devaient réitérer leur condamnation de l'arrestation de Navalny, sans pour autant s'orienter vers de nouvelles sanctions. Les Vingt-Sept sont divisés, en particulier en raison des réticences du Premier ministre hongrois Viktor Orban à sanctionner le régime russe. Les ministres européens des Affaires étrangères en parleront lors de leur réunion lundi prochain.

"L'UE doit agir rapidement et, si Alexeï Navalny n'est pas libéré, nous devons envisager l'imposition de mesures restrictives en réponse à cet acte."
Gabrielius Landsbergis
Ministre lituanien des Affaires étrangères

Certains pays, comme la Lituanie, appellent à une décision ambitieuse.  "L'UE doit agir rapidement et, si Alexeï Navalny n'est pas libéré, nous devons envisager l'imposition de mesures restrictives en réponse à cet acte", a indiqué le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis.

Le fastueux château de Poutine

Depuis son lieu de détention, le dissident russe a poursuivi sa lutte contre le président russe Vladimir Poutine en diffusant mardi sur Twitter une enquête dans laquelle il dénonce la construction en secret d'un fastueux château et d'un vignoble sur les rives de la mer Noire pour plus d'un milliard de dollars par le dirigeant russe et ses proches, à partir de fonds détournés.

Après son empoisonnement, Alexeï Navalny avait recommandé aux Européens de "frapper au portefeuille les oligarques proches du président Vladimir Poutine pour être crédibles dans leurs sanctions".

Les députés européens recommandent de sanctionner les oligarques russes liés au régime, les membres du cercle rapproché du président Poutine et les propagandistes actifs dans les médias qui possèdent des actifs dans l’UE. Ils demandent également l'arrêt de la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés