Les Européens prêts à contre-attaquer sans faiblesse face aux menaces de Trump

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Les chefs d'Etat européens réunis en sommet à Bruxelles ont appelé les Etats-Unis à l'exemption permanente de la taxation sur les importations d'acier et d'aluminium. "Si nous sommes attaqués, nous réagirons sans faiblesse", a notamment déclaré Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron a assuré ce vendredi à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles que l'Union européenne réagirait "sans faiblesse" si elle était "attaquée" sur le plan commercial. Le président français a estimé que "l'exemption très temporaire" de taxes américaines sur l'acier et l'aluminium accordée à l'UE par Donald Trump n'est "pas apparue satisfaisante" aux Européens.

"L'UE doit être unie et déterminée, elle n'est pas la variable d'ajustement du commerce mondial, elle n'en est pas non plus le maillon faible ou le défenseur naïf".
Emmanuel Macron

"La stratégie américaine est une mauvaise stratégie, qui répond à un vrai problème, celui du dumping comme des surcapacités dans le secteur de l'acier", a-t-il jugé. "L'UE doit être unie et déterminée, elle n'est pas la variable d'ajustement du commerce mondial, elle n'en est pas non plus le maillon faible ou le défenseur naïf", a-t-il insisté, ajoutant que les Européens ne cherchaient pas "de guerre commerciale".

Le président américain Donald Trump a autorisé dans la nuit de jeudi à vendredi la suspension jusqu'au 1er mai des taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium de plusieurs des partenaires importants des Etats-Unis, dont l'Union européenne. L'UE "se réserve le droit, en accord avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC), de répondre aux mesures américaines de manière appropriée et proportionnée", ont indiqué les dirigeants européens.

Seuls le Canada et le Mexique sont pour l'instant exclus des droits de douane. La Chine n'a pas eu cette chance. Le président Trump a signé jeudi "un memorandum ciblant l'agression économique de la Chineauquel la Chine a bien entendu répondu

"Un revolver sur notre tempe"

À son arrivée, le Premier ministre Charles Michel a évoqué un délai qui "donne l'impression qu'il y a une volonté des États-Unis de négocier avec l'UE en mettant un revolver sur notre tempe". "Ce n'est pas une manière très loyale de négocier quand on est des partenaires aussi solides sur le plan historique", a-t-il lancé.

"Ce n'est pas une manière très loyale de négocier quand on est des partenaires aussi solides sur le plan historique".
Charles Michel

La commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a expliqué que "les options" de l'Union européenne pour préserver ses droits restaient "ouvertes". Parmi celles-ci, Bruxelles a préparé une liste de produits américains emblématiques, comme le beurre de cacahuète ou les motos, qui pourraient à leur tour être visés par des taxes si celles envisagées par les États-Unis entraient un jour en application. "Les discussions entre des alliés et des partenaires ne devraient pas faire l'objet de dates limites artificielles", a-t-elle tweeté.

Le directeur de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a averti les Etats que l'imposition de nouvelles barrières douanières mettrait "en péril l'économie mondiale". "La déstabilisation des flux commerciaux mettra en péril l'économie mondiale à un moment où la reprise économique, bien que fragile, est de plus en plus évidente dans le monde entier", a affirmé Roberto Azevedo, dans une déclaration écrite, sans toutefois viser un ou des pays.

Autre sujet à l'agenda: le Brexit

Les dirigeants de l'Union européenne ont adopté ce vendredi leur position commune pour les négociations à venir de la relation commerciale post-Brexit avec Londres. Avant de quitter ses homologues, la Première ministre britannique Theresa May a souhaité une "nouvelle dynamique dans la négociation". Elle veut assurer un partenariat "fort" entre les deux blocs sur le plan économique et en matière de sécurité, malgré leur divorce programmé fin mars 2019.

"Nous franchissons aujourd'hui une étape décisive dans cette négociation difficile et extraordinaire".
Michel Barnier

Donald Tusk, président du Conseil européen, avait appelé les 27 à valider l'accord pour une transition post-Brexit présenté en début de semaine par les négociateurs, Michel Barnier pour l'UE et le Britannique David Davis. "Nous franchissons aujourd'hui une étape décisive dans cette négociation difficile et extraordinaire", a expliqué Barnier. Les lignes directrices ainsi fixées vont permettre au Français et à son équipe de commencer la discussion sur le cadre du futur partenariat avec Londres, "qui devra respecter les principes et l'identité de l'UE et du marché unique".

Solidarité dans l'affaire Skripal

La perspective du Brexit n'a toutefois pas empêché les Européens d'afficher une solidarité sans faille avec Theresa May jeudi soir dans l'affaire de l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal.

Plusieurs pays de l'UE ont ainsi indiqué qu'ils pourraient prendre dans les prochains jours des mesures nationales visant la Russie. Il est notamment question d'expulsions de diplomates. Parmi ces pays, notons la Lituanie, l'Irlande, la République tchèque et le Danemark. L'Europe entend aussi rappeler son  ambassadeur en Russie pour "consultations".

La réponse de Moscou ne s'est pas faite attendre. Elle accuse le Royaume-Uni de pousser ses alliés européens à la confrontation avec les Russes. "Nous regrettons qu'une nouvelle fois on prenne de telles décisions" en utilisant la formulation 'très probablement', a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Il déplore que la Russie "ne puisse toujours pas obtenir des informations" de Londres sur cette affaire.

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